Injures, menaces, crachats voire coups de poing… Les arbitres amateurs ont été victimes de 4.841 agressions verbales ou physiques lors de la saison 2016-2017, s’est alarmée vendredi l’Union nationale des arbitres de football (UNAF). L’association dénombre 379 agressions physiques et réclame des sanctions beaucoup plus fermes - la radiation à vie - pour les auteurs de coups à l’encontre du corps arbitral.

« Les agressions sont de plus en plus graves, dénonce son président Jean-Jacques Demarez. Elles ont lieu sur des arbitres de plus en plus jeunes, parfois dans les catégories de moins de treize ans ou moins de quinze ans. Il n’y a rien de tel pour décourager les vocations chez les gamins bénévoles. »

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« Ce qui est encore plus grave, c’est la préméditation, quand les violences ont lieu deux ou trois jours après un match. Et on voit maintenant des arbitres féminines se faire agresser également, ce qui n’arrivait pas avant », dénonce le dirigeant de l’UNAF, qui représente 26.000 arbitres en France.

Sur le plan judiciaire, l’association reconnaît les progrès apportés par la loi Lamour de 2006 qui a fait des arbitres des « chargés d’une mission de service public », ce qui permet d’aggraver les sanctions contre les agresseurs.

Le silence des instances

Mais elle voudrait aller plus loin en suivant le modèle de sanctions dans le monde du rugby. Tout en « reconnaissant » les efforts de la Fédération française de football pour renforcer le code disciplinaire, l’UNAF regrette « le silence de la FFF, des Ligues et des districts quand les arbitres se font insulter ou agresser ».

« Il devrait y avoir des réactions immédiates des instances. Le monde professionnel se doit aussi d’être exemplaire. Quand un dirigeant ou un joueur s’en prend à un arbitre, ça rejaillit aussitôt sur nos terrains amateurs le dimanche suivant », souligne Jean-Jacques Demarez, en rappelant la récente sortie du président de Rennes René Ruello.

Le dirigeant breton avait dénoncé une « escroquerie arbitrale » après la défaite contre Guingamp (2-0), décrivant l’arbitre Frank Schneider comme un « prétentieux entêté et sûr de lui » et un « imbécile ». Il est convoqué le 2 novembre devant la commission de discipline de la Ligue (LFP) pour s’expliquer.