Bulgarie-France: Un but de Matuidi et au lit (enfin en barrages, au moins)

FOOTBALL La France l’a emporté par la plus petite marge en Bulgarie (1-0)

Julien Laloye

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Blaise Matuidi a ouvert le score pour les Bleus.

Blaise Matuidi a ouvert le score pour les Bleus. — Borislav Troshev/SIPA

De notre envoyé spécial à Sofia,

Cela aurait dû être plus simple après le but précoce de Matuidi, mais l’équipe de France a évité le scénario noir en allant chercher les trois points en Bulgarie (0-1). Une victoire mardi contre la Biélorussie, et on sera à la Coupe du monde.

Le(s) super(s) revenant(s) : Matuidi et Digne, pas mal du tout

On devrait le surnommer Blaisou-ferme-des-bouches. Toujours discuté, jamais adulé, le nouveau milieu de la Juventus Turin a surfé sur la pelouse de Sofia comme sur les critiques. L’ancien parisien a rappelé pourquoi Deschamps cochait son nom en premier pour peu que sa situation en club soit éclaircie. Aucun milieu tricolore n’a son sens du but en sélection, et cette frappe excentrée n’était pas facile à placer aussi joliment pour un gars aux pieds carrés (3e). Ca fait neuf buts pour Matuidi en équipe de France, un de plus qu’un certain Christophe Dugarry. Pour vous les haters.

Mention aussi à Lucas Digne, titulaire par effraction qui ressort grandi de la soirée bulgare Décisif sur l’ouverture du score, il a été d’une justesse offensive toute barcelonaise. A ce niveau, il fait largement le match avec Kurzawa.

Le vrai tournant : L’arrêt Gordon Banksesque de Lloris

Il faut croire que les Kostadinov ont un don pour nous pourrir la vie. Celui qui nous intéresse s’appelle Georgi, et il n’avait pas marqué trois fois lors des quatre matchs pour rien. Sur la seule aventure extotique de la Bulgarie au-delà du rideau de fer des 40 mètres français avant le repos, le milieu du Maccabi Haïfa s’est retrouvé seul à portée d’exécution de Lloris. Mais le capitaine français s’est magnifiquement détendu pour aller dévier une tête que tout le monde voyait au fond (38e). Son erreur face à la Suède est pardonnée pour de bon.

Le (presque) convaincant : La compo ambitieuse de Deschamps

On reproche suffisamment au sélectionneur une certaine réticence à changer ses habitudes, mêmes quand elles sont agaçantes,pour ne pas saluer les nouveautés de Sofia et le passage au 4-4-3. Le trio offensif Mbappe-Griezmann-Lacazette a offert une habileté technique inédite dans les petits espaces, même si le Parisien, le plus vif des trois, a été trop maladroit (comment rate-t-il le cadre à la 44e ?) et un peu trop soliste parfois.

Au milieu, le choix de partir avec Tolisso a pu surprendre, mais on a vite compris pourquoi. Le joueur du Bayern y est allé gaiement sur les tibias, le sien et celui des autres, or il fallait bien ça pour répondre aux Bulgares qui ont joué plus souvent l’homme que le ballon. La blessure de Kanté, remplacé par un Rabiot qui a mis du temps à comprendre que son port royal ne le sauverait pas ce coup-ci, a malheureusement fragilisé ce bel équilibre. Les Bleus se sont mis dans le petrov bêtement en deuxième mi-temps, mangés au duel en dehors de Tolisso et de Varane. Pour une équipe qui prétend gagner une Coupe du monde, c’est le genre de soirées qui manque de maîtrise.

Le plus excitant : Plus qu’une victoire et c’est la quille

Gardons en tête le plus importante. La France a obtenu ce qu’elle était venue chercher contre une équipe qui avait tout gagné chez elle jusque-là. Une victoire qui lui permet de garder le contrôle des pédales. Puisque la Suède a écrasé le Luxembourg à la maison, ce qui n’était donc pas si difficile (8-0), il faudra gagner contre la Biélorussie mardi au Stade de France pour aller en Russie. Au pire, et c’est le principal enseignement de la soirée, les Bleus iront en barrages.