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Celtic Glasgow-PSG: «Il n’existe pas de meilleur stade au monde»

Celtic Glasgow-PSG: «Il n’existe pas de meilleur stade au monde», bienvenue dans l’antre du Celtic

FOOTBALLLes joueurs parisiens vont en prendre plein les oreilles pour leur premier match de Ligue des champions cette saison...
Julien Laloye

Julien Laloye

De notre envoyé spécial à Glasgow,

Les impies l’appellent Celtic Park. Les autres, les vrais, les « bhoys in green » comme se surnomment les supporters du Celtic, préfèrent Parkhead ou Paradise. Paradis nous va bien, parce que c’est exactement l’idée qu’on se fait de l’endroit, sorte de lupanar orgiaque pour fans de foot. « La meilleure ambiance du monde dans un stade » qu’on nous a dit. Au boulot, tout le monde s’est battu pour faire ce déplacement, il a fallu éliminer la concurrence à la machette.

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Un peu plus de 1.500 supporters parisiens ont eu le même raisonnement. Un couple croisé à la sortie de l’avion. Madame voulait voir Glasgow, qui est quand même plus jolie que Vesoul, et monsieur voulait voir l’ambiance. La trentaine, il n’avait pas passé le cut parental en 95, quand le PSG était déjà venu dans le coin. Sinon il aurait probablement laissé le même commentaire que cet internaute, aperçu dans un papier d’archive.

« « Je fais partie de ceux qui peuvent dire aujourd’hui, "J’y étais". De l’écrire me provoque toujours des frissons de plaisir. Nous étions arrivés les premiers, et voir Celtic Park se remplir reste un souvenir émotionnel très fort. Malgré les travaux, la passion et la ferveur dans les chants des Fans du Celtic m’ont marqué à jamais. Les échanges de maillots/écharpes pendant le match, quelquefois avec la complicité des "Bobbies", avec les fans écossais fut un moment inoubliable ». »

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En attendant de vivre cette expérience transcendantale ultime mardi soir, sans drogue et sans chamane, on a essayé de percer le secret de ces fans « uniques au monde », les mots sont de Brendan Rodgers. Voilà le meilleur de ce qu’on a tiré de nos rencontres, enfin le meilleur de ce qu’on a compris, l’accent écossais, c’est quelque chose.

L’explication la plus connue (un certain Darren, maillot et calvitie de John Harston)

« « Quand on a écouté une fois dans sa vie le You’ll never walk alone chanté par les fans du Celtic, on ne peut pas dire qu’il existe un meilleur stade au monde. Ça donne envie de pleurer tellement c’est beau » »

L’explication la plus architecturale (Un certain Jonathan, maillot de personne et bedaine de John Hartson)

« « Ici, ça raisonne comme nulle part ailleurs [vrai, même vide, le son se répercute de manière assez dingue], et la sensation de bruit est absolument incroyable. A chaque corner, on dirait qu’il y a but. Les fans chantent sans interruption, c’est presque fatigant à la longue, quand on sort, on a l’impression d’être allé à un concert » »

L’explication la plus géopolitique (On n’a pas compris son nom, mais il ne ressemblait en rien à John Hartson)

« « Le Celtic est un club très populaire de par son histoire. Le fait d’avoir été fondé par des Irlandais très pauvres qui avaient fui la Grande Famine, d’être toujours du côté des plus faibles,d’être positionnés plutôt à gauche, je pense que ça nous rend sympathiques [Un exemple parmi d’autres : on entend parfois chanter au stade « Viva la quinta brigada », cri de ralliement de la République espagnole pendant la guerre civile] ». »

« Quand on joue pour ce club, ce qu’on ressent est inexplicable, nous confiait un jour Didier Agathe, grand bonhomme du club dans les années 2000. Quand j’ai signé, Ils m’ont laissé seul dans le stade vide. On m’a dit : “tu restes là une demi-heure”. Tout de suite, on ressent quelque chose. Il faut être capable de supporter la pression populaire. Un jour, un gars a débarqué de Liverpool et on l’a retrouvé en pleurs dans le vestiaire, il était titulaire et en trois minutes on l’a enlevé de l’équipe. » Les visiteurs, eux, n’ont pas le choix, il faut rentrer sur le terrain et affronter la houle, davantage que la foule.

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Souvent ridicule en Europe à l’extérieur, le Celtic est capable de miracles quand il est poussé par ses dévots. « On n’a jamais eu une équipe extraordinaire sur le papier, mais nos joueurs sont des guerriers qui se dépassent toujours pour leur public », se souvient Agathe, déclaré bon pour le service avec une déchirure de 8cm à la cuisse avant un match de Coupe d’Europe à la maison.

Il n’est pas un grand acteur de ce jeu qui n’ait pas un jour raconté qu’il tuerait pour jouer ou rejouer à Parkhead, Messi compris, lequel avait confié l’an passé qu’il gardait un maillot du Celtic chez lui en mémoire de toutes ces soirées exceptionnelles vécues à Glasgow avec le Barça. Le plus bel hommage qu’on ait trouvé ? Le plus inconscient, plutôt, celui d’Arthur Numan, ex-international néerlandais passé par les Rangers. « Je me souviens de mon premier Old Firm [le derby], on avait pris 5-1 à Park Head et je me demandais sans cesse "Mais qu’est ce qu’il se passe ici", l ’ambiance était encore meilleure qu’à Ibrox Park ».

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Par soucis d’équité, et parce que tant d’enthousiasme finit par être suspect, on a voulu confirmer avec l’avis d’un supporter des Rangers au Bristol Bar, où on s’avance aussi confiant qu’avant une aventure nocturne au fond des bois.L’endroit est un ilot de résistance bleu et blanc en terre ennemie. On met la main sur Terry, qui a deux réflexions pour commencer.

  • Il ne dira pas de mal de Numan, qu’il tient en haute estime depuis une praloche en lulu réussie dans un Old Firm à la maison
  • Il aimerait bien savoir ce que devient Sébastien Faure [on lui a dit qu’on supportait l’OL dans la vie civile], « un gars super sympa et solide sur le terrain » ? [On n’en sait rien]

Sinon l’ambiance, Terry ? « Je ne vais pas te dire que c’est nul, mais c’est pas mieux que dans pleins d’autres stades en Europe. Moi j’attends de voir 60.000 personnes dans leur stade si les mecs sont rétrogradés en quatrième division comme nous. Là, on verra les vrais supporters ». C’est sûr que pour le PSG, il n’y a pas besoin de se forcer. Mbappé et Neymar rentreront dans un paradis à guichets fermés. Après, ça ressemblera plutôt à l’enfer, si on a bien compris.