Le saviez-vous? Mardi soir, dans l'anonymat le plus complet, un club français va gagner une coupe d'Europe
BASKET•Les clubs de Nanterre et de Chalon-sur-Saône s'affrontent ce mardi soir en finale de la quatrième compétition européenne...Vincent Marche
L'essentiel
- Les deux équipes se sont séparées sur le score de 58-58 à l'aller.
- En 2015, Nanterre fut la dernière équipe française à gagner une coupe d'Europe
Une finale de Coupe d’Europe, un duel franco-français, un suspense de malade, et pourtant… Ce mardi soir, le basket-ball français aura un champion d’Europe et ce titre devrait faire autant de bruit que le report de voix des électeurs de Jacques Cheminade.
Après leur match nul de l’aller, Nanterre reçoit Chalon-sur-Saône en finale retour de la FIBA Europe Cup. Tout va se jouer sur la rencontre de ce soir. Et personne ou presque (y compris non-même, nostra culpa) n'en parle.
aMais, bon sang, pourquoi ? Une raison peut être invoquée : le niveau de jeu présumé de la compétition. Après le conflit qui a opposé la FIBA et l’Euroleague, les clubs français disputent désormais la Basketball Champions League (Monaco joue le Final Four ce week-end) et la FIBA Europe Cup, soit les troisièmes et quatrièmes échelons européens. Au menu de ce dernier, des clubs hongrois, roumains, portugais… On ne va pas se mentir, ce ne sont pas vraiment des pays de basket.
Pour autant, l’entraîneur de Nanterre Pascal Donnadieu ne veut pas minimiser le parcours de ses hommes pour arriver en finale.
« « On a affronté une équipe turque, une équipe du top 8 allemande et Charleroi, toujours performant. On a quand même disputé 18 matchs pour en arriver là. » »
Jean-Denys Choulet, son homologue de Chalon, est sur la même longueur d’onde. « Les gens ne s’y intéressent pas parce que ce n’est ni l’Euroleague, ni l’Eurocup. Mais ce sera un bel affrontement, entre deux équipes du top 4 de Pro A, qui produisent un basket offensif. »
L’entraîneur de Nanterre a une explication pour ce problème d’intérêt. « C’est parce que c’est un duel franco-français qu’on se dit que la compétition ne vaut rien, renchérit Pascal Donnadieu. Cela n’aurait pas été le cas si on avait affronté un club étranger. Comme pour nous, il y a deux ans, en Turquie. »
Les deux entraîneurs sont d’accord sur un point. La FIBA Europe Cup n’est pas aussi facile qu’on le prétend. « On ne peut pas se permettre de dénigrer cette compétition, affirme Jean-Denys Choulet. Si nous étions dominants, nous pourrions le faire, mais ce n’est pas le cas. » « Si c’était aussi facile, il n’y aurait pas seulement 2 vainqueurs sur les 15 dernières années (Nancy en 2002 et Nanterre en 2015) », ajoute Pascal Donnadieu.
D'ailleurs, dans deux villes où le basket est roi, l’évènement est loin de passer inaperçu. Si vous étiez pris d'un soudain intérêt pour ce match, inutile de chercher un billet, c’est déjà complet. « Sur les matchs à élimination directe, contre Ostende ou Nanterre, c’était fou... On a rempli notre salle de 5000 places en deux heures pour la finale aller, annonce Jean-Denys Choulet. Et le retour sera diffusé sur écran géant. »
Supporters, joueurs, staff… Tout le monde est sur le pont à l’heure de retrouver l’Europe. Pour Pascal Donnadieu, « les joueurs sont heureux de la disputer et la Coupe nous a toujours offert de belles soirées. »
« Quand on est compétiteur et qu’on a l’occasion de gagner, on sait se motiver, clame haut et fort Axel Bouteille, grand espoir de Chalon. Si on est en finale, c’est que nous n’avons pas pris les équipes à la légère. » Le niveau est peut-être moins élevé qu’en Euroligue, mais c'est un niveau où les clubs français sont bien plus armés pour compter. « Cette compétition ou la Champions League, ce sont de belles compétitions, estime Jean-Denys Choulet. Elles sont à la portée des clubs français. »
Et Pascal Donnadieu ne veut pas la laisser passer. « Quand on voit le bonheur procuré il y a deux ans, on se dit que c’est pour ça qu’on fait du sport de haut niveau. »


















