Christophe Jallet aura fait un match très moyen, mais il a quand même réussi une bonne intervention mardi soir en disant que si la France a perdu, ce n’était pas de la faute de l’arbitrage vidéo. Il n’empêche que les deux interventions de Felix Zwayer avec l’appui de la vidéo ont déjà fait couler pas mal d’encre et de caractères (sur Twitter​).

En zone mixte après le match, c’est un peu la même ambiance. Certains ne savent pas trop quoi penser, d’autres sont ouvertement contre et les derniers ont le courage de se dire favorable à un tel dispositif. Mais concrètement, quels sont les arguments des deux camps ?

Les pro-vidéo :

  • Ce n’est que le début de la vidéo dans le football. Ça ira plus vite l’année prochaine pendant la Coupe du monde.
  • Cela permet d’éviter des erreurs de jugement majeures.
  • L’arbitre est plus confiant car il sait qu’il a pris la bonne décision.

Les anti-vidéo :

  • Ça dénature le football. Il n’y a plus de spontanéité, c’est trop long.
  • Revenir sur une décision arbitrale peut avoir un impact psychologique sur les joueurs initialement favorisés et qui se voient retirer un privilège accordé.
  • Les erreurs font partie du jeu.
  • Avec l’arbitrage vidéo, il n’y aurait jamais eu la main de Dieu.

Et que pensent les joueurs dans tout ça ?

Dans le camp des sceptiques de la vidéo, on retrouve Laywin Kurzawa, Kevin Gameiro et, dans une moindre mesure, Kylian Mbappé.

Kurzawa : « Ça a un peu tué notre match. Avant la vidéo, tout le monde faisait des erreurs. Les arbitres aussi. Ça faisait partie du foot. Ça devrait continuer comme ça. »

Gameiro : « Ça casse un peu la beauté du match, mais comme je l’ai dit, on était prévenu avant le match, on savait comment ça allait se passer. C’est difficile de se prononcer. Les deux situations étaient contre nous. »

Mbappé : « Le seul problème ça a été le timing. On a attendu trois, quatre minutes (sic) pour attendre une décision. D’un on se refroidit, et de deux bah c’est un coup de massue psychologiquement. »

Dans le camp des joueurs favorables - ou du moins un peu mais pas trop beaucoup défavorables -, on retrouve un autre monégasque, Bakayoko, ainsi qu’Hugo Lloris.

Bakayoko : « Ça va aider le football. J’y suis plutôt favorable. Cette fois, ça a été en faveur des Espagnols, c’est comme ça. »

Hugo Lloris (alias Jean-Michel Poncif) : « Je pense que c’est une bonne chose parce que cela rend les décisions justes. »

Bref, l’ordre contre la beauté de l’erreur. La froideur réaliste ou le risque humain. L’usage ou non de la vidéo est un débat qui transcende même le simple cadre du football. Et dont on devrait entendre parler d’ici 2018. Car la FIFA espère pour appliquer son dispositif en la matière à l’occasion du prochain mondial.