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NBA: Droits télé, le jackpot en trompe-l’œil des franchises américaines

NBA: Droits télé, le jackpot en trompe-l’œil des franchises américaines

BASKETLa NBA, qui reprend mardi soir, a signé un contrat faramineux à 2,1 milliards de dollars par saison à partir de 2016…
Antoine Maes

Antoine Maes

Sur le papier, c’est comme si la NBA avait gagné à l’Euro Millions. Alors que la ligue américaine attaque la saison 2014-2015 mardi soir, la meilleure nouvelle pour Adam Silver, le nouveau commissioner, est tombée début octobre: un méga-contrat pour les droits télé, qui rapportera 2,7 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros) par an à partir de 2016. C’est trois fois plus que le précédent accord, et mieux que le 1,8 milliard d’euros de la Premier League. Mais encore très loin des 7 milliards de dollars par an de l’indétrônable NFL.

Pour autant, personne ne fait la fine bouche. «Dans le système actuel, environ un tiers de nos équipes ne réalisent pas de bénéfices, explique le patron de la NBA. Avec le prochain accord sur les droits télés, toutes les équipes concernées devraient sortir du rouge». Il faudra donc attendre 2016 et la fin de l’accord actuel pour commencer à profiter des dollars d’ESPN et du groupe Turner. De quoi régler les problèmes qui ne manqueront pas de surgir?

L’augmentation du gâteau des droits télés va en effet déclencher de nouvelles négociations entre les franchises et le syndicat des joueurs, qui voudra améliorer la grille du salary-cap. «La petite indication, c’est LeBron James qui n’a signé que deux ans à Cleveland (ce qui fait de lui un free-agent pile au début du nouveau contrat), remarque Lionel Maltese, spécialiste de l’économie du sport et maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille. Le salary cap était à 63 millions de dollars, il va passer à 94. Le salaire maximal était à 24 millions de dollars, il peut passer à 36».

«Les Kevin Durant, les LeBron James vont forcément toper des salaires forts»

Si la menace d’un lock-out est encore lointaine, le bras de fer paraît tout de même inévitable. Surtout avec les grosses stars de la Ligue. «Les Kevin Durant, les LeBron James vont forcément toper des salaires forts. Parce que dans le basket, même si c’est un sport collectif, la différence se fait souvent sur un clutch player, un joueur décisif», remarque Lionel Maltese. Reste à savoir dans quelle mesure les franchises NBA accepteront de rogner sur leur marge.

En clair, elles vont devoir défendre leur pactole. «Aujourd’hui, les franchises optimisent déjà à fond les revenus issus des matchs. Les sponsors, ils vont injecter un peu plus d’argent mais ce ne sera pas colossal. Certaines franchises auront encore du mal… Ça va se négocier en disant "rééquilibrons les comptes pour éviter les faillites», assure Lionel Maltese. Après avoir touché le jackpot, ce serait un comble.