Capture d'écran d'une vidéo de l'accident de Jules Bianchi postée sur Youtube, le 6 octobre 2014.
Capture d'écran d'une vidéo de l'accident de Jules Bianchi postée sur Youtube, le 6 octobre 2014. - Capture d'écran 20 Minutes

L’accident invisible. Alors que Jules Bianchi est toujours soigné au Japon après son crash dimanche, les images de la scène ont très peu filtré. Lundi jusqu’en milieu d’après-midi, la séquence la plus partagée sur les sites d’information et les réseaux sociaux est toujours la même: la sortie de route d’Adrian Sutil, puis un plan où l’on voit les secours s’agiter alors que le pilote Marussia a déjà percuté l’engin chargé d’évacuer la monoplace de l’Allemand.

Diffuseur en France du championnat du monde de Formule 1, Canal + n’a pas diffusé la fameuse vidéo. Contactée, la chaîne cryptée indique d’ailleurs ne pas l’avoir entre les mains. Et pour cause: c’est la Formula One Management (FOM), dépendante de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), qui produit puis commercialise le signal pour le monde entier. Et la FOM, présidée par Bernie Ecclestone, n’a pas souhaité que la séquence soit rendue publique. «Je comprends la démarche de ne pas diffuser, indique un réalisateur travaillant sur les Grands Prix ayant souhaité rester anonyme. C’est tout le débat entre le droit à l’information et le voyeurisme, un peu comme quand les islamistes décapitent quelqu’un».

«La FOM ne m’a pas contacté, et je crois qu’ils essaient d’enterrer la vidéo»

Pour cet habitué des cars régie, il est aussi possible que la vidéo n’existe tout simplement pas. «Le profane se dit qu’avec tous les moyens modernes, il n’y a pas de raisons de ne pas l’avoir. Mais malheureusement, statistiquement c’est possible, ce n’est pas une science exacte. Ce n’est pas un terrain de foot, qui est un lieu fermé. Et même au foot, on peut rater des choses». Quant à la caméra embarquée de Jules Bianchi, pas sûr que son faisceau ait été enregistrée: «Chaque voiture a sa caméra, mais les moyens de transmission sont assez chers. Donc si vous en avez une dizaine c’est déjà énorme. Et forcément, c’est concentré sur les pilotes les plus connus».

Reste le cas d’un spectateur en tribune. Lundi après-midi, une vidéo est apparue sur YouTube, postée par un Canadien amateur de Formule 1 et assis en tribune Q2. Elle n’est pas restée en ligne plus d’une heure et demie, après une plainte de la FOM pour «atteinte aux droits d’auteur». «La FOM ne m’a pas contacté, et je crois qu’ils essaient d’enterrer la vidéo, parce qu'elle montre toutes les erreurs commises. J’ai partagé cette vidéo pour que la vérité soit montrée à tous les fans de F1», assure Phillip Dabrowiecki, l'auteur de la vidéo. Il assure d'ailleurs avoir en sa possession une autre vidéo montrant cette fois l'arrivée des secours, mais n'a pas prévu de la mettre en ligne.

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