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US Open: Le monde découvre Kei Nishikori, déjà un demi-dieu au Japon

US Open: Le monde découvre Kei Nishikori, déjà un demi-dieu au Japon

TENNISLe tennisman est populaire auprès du public nippon depuis ses débuts professionnels...
De notre correspondant à Tokyo, Mathias Cena

De notre correspondant à Tokyo, Mathias Cena

«C’est sans aucun doute la plus grande nouvelle de l’histoire du tennis japonais.» Et Jun Kamiwazumi, un ancien membre de l’équipe nipponne en Coupe Davis, pèse ses mots. Avant même d’affronter le Croate Marin Cilic en finale de l’US Open ce lundi soir, à partir de 23h (heure française), Kei Nishikori a déjà changé la face du tennis nippon masculin.

Ces derniers mois, et surtout ces derniers jours, le joueur de 24 ans a donné à son pays un certain nombre de «premières». Premier Japonais à atteindre les demi-finales de l’US Open depuis 1918, après sa victoire contre Stan Wawrinka. Premier Asiatique en finale d’un Majeur, après être venu à bout de Novak Djokovic. Et premier Japonais à être classé dans les dix meilleurs mondiaux: depuis ce lundi, il occupe la 8e place.

L’affection du public

En somme, c’est la première fois depuis bien longtemps qu’un tennisman japonais apparaît sur le radar du grand public. Hors Japon bien sûr. Sur l’Archipel, Nishikori est déjà une star. Dans sa ville natale de la préfecture de Shimane, dans l’ouest du Japon, plusieurs centaines de fans s’étaient donné rendez-vous pour assister, en pleine nuit, à sa victoire contre Djokovic. Une demi-finale disputée sous une chaleur écrasante: 35°C et 70 % d’humidité, des conditions très proches de l’été au Japon, que Nishikori a pourtant quitté à l’âge de 14 ans pour aller s’entraîner en Floride, alors qu’il ne parlait pas un mot d’anglais.

Un exil bénéfique pour son mental tout autant que pour son tennis, à en croire son agent, Olivier Van Lindonk, qui souligne que l’éloignement de Nishikori l’a protégé de l’affection débordante de son public: «Même vers l’âge de 17, 18 ans, quand il a remporté son premier titre, c’était un peu exagéré, sans doute trop tôt». Les fans «sont tellement curieux de tout ce qui concerne leurs héros qu’ils veulent tout savoir, continue l’agent. On m’a souvent demandé des choses comme: "A quelle heure il a mangé? A quelle heure il se couche?"»

La faveur des sponsors

Le public nippon a donc continué à le suivre de loin, remplissant les tribunes lors des rares retours de Nishikori au pays. Les sponsors ne l’ont pas non plus perdu de vue. Son ascension régulière lui attire des contrats avec des annonceurs dont la moitié sont des entreprises japonaises: Uniqlo, Nissin, Jaccs Co. Pay. Selon Forbes, ces contrats lui ont assuré entre juin 2012 et juin 2013 un revenu de 9 millions de dollars (7 millions d’euros), une somme énorme, bien supérieure au 1,5 million de dollars gagné sur le court. Et incroyable pour un joueur qui n’avait jamais disputé une demi-finale de Grand Chelem.

Tout le Japon rêve d’un avenir brillant pour son champion, désormais bien lancé, quelle que soit l’issue de la finale. «Kei a tendance à faire des miracles en jouant au-delà de ses limites quand il s’est fixé un but», confiait au Asahi Shimbun son père, Kiyoshi. Quel est donc le prochain objectif? Le temps où Nishikori visait une 45e place à l’ATP semble déjà très loin. Pour la suite, il se fiera peut-être à Michael Chang, qui le coache avec Dante Bottini: «Après chaque match gagné, je lui dis: "C’est pas encore fini!"», raconte le vainqueur de Roland-Garros en 1989. On attend donc la suite.