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Roland-Garros 2014: Gilles Simon, le plus cérébral des Bleus

Roland-Garros 2014: Gilles Simon, le plus cérébral des Bleus

TENNISLe Français défie Milos Raonic au troisième tour vendredi…
Romain Baheux

Romain Baheux

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

On ne sait pas toujours ce qui lui trotte dans la tête mais on est sûr d’une chose: quand Gilles Simon balbutie son jeu sur le court, ça remue sévèrement à l'intérieur du crâne. Opposé au Canadien Milos Raonic au troisième tour de Roland-Garros vendredi, le Français traîne la réputation d’un joueur cérébral, le genre à se prendre la tête pour une mouche qui volerait trop vite devant le filet. En bref, le don de se crisper sans crier gare et sans que personne ne puisse saisir l’origine du malaise.

Bonne nouvelle, le patient a au moins conscience du mal qui le ronge. «Le problème, c’est juste mon cerveau», lançait-il à Bercy l’an dernier. «Je peux me recrisper à tout moment. Malheureusement, ce n'est jamais acquis, même si je travaille dessus énormément, explique la tête de série N°29. L’attente vient de moi-même. J'ai envie de bien faire et quand je me tends, c'est parce que j'ai trop envie. Cela n'a jamais été une pression extérieure, c'est celle que je me mettais, que j'arrivais à supporter ou non.»

«C’est un avantage de se connaître sur le bout des doigts»

Jusqu’ici, tout va bien. Les deux premiers tours ont été une formalité pour le Français, comme l’atteste son petit total de onze jeux perdus depuis le début de la quinzaine. «Je suis assez détendu, ce qui est déjà un objectif pour moi», préfère-t-il en sourire. Et là, les méninges deviennent le meilleur allié de ce fin stratège. «Il a une science tactique importante. C’est un avantage de se connaître sur le bout des doigts comme lui, analyse le directeur technique national Arnaud Di Pasquale. Forcément, un joueur qui fait service-volée se pose moins de questions que lui. Comme pouvait l’être un Fabrice Santoro, Gilles n’est pas un joueur surpuissant qui va tout miser sur son service. Il a développé un sens du jeu plus important que les autres.»

Son meilleur atout pour stopper la course d’un Raonic, lancé à toute vitesse vers un possible premier quart de finale en Grand Chelem. Un client, un vrai. Gros serveur, le Canadien n’est pas le bourrin que son allure laisse imaginer. «C’est un joueur qui a un plan de jeu», prévient Jo-Wilfried Tsonga. Des plans, Gilles Simon en a pas mal en tête. C’est parfois là le problème.