Le Stade Toulousain va dévoiler son côté féminin
RUGBY•Le club le plus titré de France se dote d’une section féminine, dont l’équipe première pourrait accéder à la première division…Nicolas Stival
La saison prochaine, manier un ballon ovale dans l’enceinte d’Ernest-Wallon ne sera plus un privilège masculin. Une section féminine va voir le jour au sein de l’association du Stade Toulousain, sous l’égide de l’ancien international David Gérard. L’ex-deuxième ligne de Toulon et Toulouse, 36 ans, officie actuellement à Fonsorbes (11.500 habitants), à 30 km à l’ouest de la Ville rose.
«Ma copine joue à l’Avenir Fonsorbais (AFRF), explique-t-il. L’an dernier, il y a eu un changement d’entraîneur et les filles m’ont demandé de dépanner jusqu’à la fin de saison. Finalement, ça a duré plus longtemps.» Le 13 avril, l’AFRF jouera la finale de l’Elite 2 (deuxième division) contre Bayonne, et deviendra le Stade Toulousain rugby féminin dans la foulée.
Conseillées par Doussain et Tolofua
Dans les faits, le géant Rouge et Noir parraine déjà le club depuis un an. «Les joueuses, dont la majorité habite Toulouse, utilisent la salle de musculation du stade Ernest-Wallon, lance Jean-Marc Bonnet, président de l’AFRF et de ses 90 licenciées. Elles bénéficient aussi des interventions de Christopher Tolofua (talonneur du Stade Toulousain), Jean-Marc Doussain (demi de mêlée), Michel Marfaing et Thierry Savio (respectivement directeur sportif et responsable de la mêlée au centre de formation).»
Ses coups de main précieux, à titre gracieux, portent encore la griffe de David Gérard, également co-entraîneur des juniors Crabos du club toulousain. «La saison prochaine, tous les entraînements se feront à Ernest-Wallon, lâche Gérard. Pour les matchs, nous sommes en pourparlers avec la mairie afin de disposer d’un terrain avec tribune. Et nous pourrions jouer les grandes rencontres en baisser de rideau des matchs de Top 14.»
«Le club mérite d’aller plus haut»
«En tant que Fonsorbais, je ressens forcément un petit pincement au cœur avec ce déménagement, reconnaît Jean-Marc Bonnet. Mais le club mérite d’aller plus haut.» La tâche reste immense, même si le Stade Toulousain pourrait monter en première division cet été. «Il ne faut pas s’emballer, freine Gérard. Nous avons l’équipe la plus jeune de l’élite, avec 19 ans de moyenne d’âge. 90 à 95 % sont étudiantes. Pour évoluer plus haut, il faudrait le double du budget actuel (environ 50.000 euros), le plus petit de l’Elite 2. Mais à Toulouse, tout sera plus facile, y compris pour attirer les partenaires.»
Quoi qu’il en soit, la naissance des Rouge et Noire confirme l’essor du rugby féminin en France, après le Grand Chelem des Bleues lors du Tournoi des VI Nations et avant la Coupe du monde organisée en région parisienne, du 1er au 17 août 2014.



















