Les médias se lancent dans un sprint de 24 heures de sport féminin

Joël Métreau

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La championne d'escrime Laura Flessel, marraine de «24 heures de sport au féminin», le 27 janvier 2014 à Paris.
La championne d'escrime Laura Flessel, marraine de «24 heures de sport au féminin», le 27 janvier 2014 à Paris. — ISA HARSIN/SIPA

Le constat est sans appel: En France, sur l’ensemble des retransmissions sportives, seules 7% sont consacrés au sport féminin. Et encore, la grande majorité de ces programmes est uniquement disponible sur des chaînes payantes ou à péage. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel s’est donc saisi de la question pour lancer, ce 1er février, les «24 heures de sport féminin».  Les médias, télés et radios, ont donc été invités à se mobiliser pour remédier à cette invisibilité. TF1, le groupe France Télévisions, la chaîne sportive BeIn Sports, RTL, France Inter…. Et bien d’autres encore ont accepté de relever le défi en programmant diverses émissions spéciales.

«Une démonstration de force»

Pour Christine Kelly, présidente de la mission sports du CSA et auteur d’un rapport sur le sujet, cette «première mondiale et cet événement inédit dans l’histoire de la télévision française». Il doit s’agir d’«une démonstration de force » afin de «changer les mentalités», notamment auprès des téléspectateurs. Mais elle admet qu’il faudra sans doute des années avant que la parité se retrouve instaurée. «On ne peut pas demander aux chaînes de faire la révolution dans ce domaine, quand on constate que les femmes sont absentes des instances dirigeantes du sport et qu’en politique même la parité n’est pas respectée»… 

Parmi  les causes, Christine Kelly invoque le manque de moyens alloué au sport féminin et interpelle «les fédérations et les collectivités locale » qui doivent aussi aménager les infrastructures. A la télé, une belle pelouse, un stade bien éclairé, ça passe mieux, c’est sûr.

PSG-Montpellier sur France 4

De son côté, David Djaoui, directeur de directeur de l'harmonisation et de l'événementiel de France Télévisions, en charge de la journée pour le groupe, affirme que «cette mobilisation permet de donner un coup de projecteur sur ce déséquilibre». Il reconnaît qu’en matière de sport féminin, «France Télévisions peut mieux faire, mais fait déjà mieux que d’autres groupes». Ce 1er février, ce sera donc un PSG-Montpellier de D1 féminine sur France 4, puis le match de rugby France-Angleterre sur la même chaîne à 20h45. Et dans les à-côtés, un «Motus» avec une candidate sportive ou un «30 millions d’amis» consacré aux «grandes sportives qui ont un animal de compagnie»… Peut mieux faire, donc.