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Open 13 de Marseille: «Les tournois ATP 250 sont traités comme le Tiers état», selon Jean-François Caujolle
INTERVIEW•Le patron du tournoi indoor de Marseille, où sont engagés Tsonga et Gasquet cette semaine, réagit après une vague de désistements de dernière minute de joueurs du Top 10 mondial...Propos recueillis par Camille Belsoeur
Ancien tennisman pro (de 1972 à 1980) et patron de l'Open 13, Jean-François Caujolle a des airs de rockeur américain des seventies avec ses cheveux blancs ébouriffés. Mais sa scène à lui, c'est le Palais des sports de Marseille, où se tient cette semaine la 22e édition de l'Open 13.
Vous avez été confronté à une vague de désistements de joueurs du Top 10 juste avant le début du tournoi. Quel est votre sentiment?
Le premier sentiment, c'est de la tristesse. En une journée et avec quelques événements défavorables, il y a pas mal de choses qui s'ébranlent. On a les deux meilleurs joueurs français [Tsonga et Gasquet], et beaucoup de tournois ATP 250 aimeraient avoir un plateau comme ça, mais il y a une partie de l'édifice qui s'effondre avec les désistements de Berdych, Raonic ou Monfils. Ce n'est pas un sentiment de honte, mais on imagine la déception des gens qui viennent par rapport à la promesse qu'on leur a donnée.
Comment expliquez-vous ces désistements de dernière minute?
il y a des choses explicables comme les blessures, et des choses moins explicables, comme la personal reason [les joueurs peuvent invoquer une «raison personnelle» pour déclarer forfait] qu'a invoquée Tomas Berdych. C'est comme si demain on vous promet un concert de U2, et qu'il y a U2 mais pas Bono. Je ne vais pas dire que c'est la faute des autres, c'est le système qui est en cause. Cette règle de la personal reason est une règle inexplicable, anachronique, anticommerciale. C'est une très mauvaise règle, qui va contre les intérêts des tournois et de l'ATP.
N'y a-t-il pas la possibilité d'augmenter les garanties financières des joueurs du Top 10 pour les attirer à Marseille?
Augmenter les garanties, on ne peut pas. Pour Djokovic et Nadal c’est un million d’euros. On ne les a pas…On ne peut pas, à un moment donné, payer Berdych 500.000 euros. Ça ne voudrait plus rien dire. On ne peut pas rentrer dans ce jeu. La situation des tournois 250 est à revoir. On est aujourd’hui la part la plus importante de l’ATP en termes de tournois. J’ai l’impression qu’on est un peu à l’époque prérévolutionnaire où il y avait le clergé, la noblesse et le Tiers état. Il y avait 27 millions d’habitants et 26,5 millions étaient le Tiers état. Mais ils ne représentaient pas plus que le clergé et la noblesse qui votaient toujours à deux contre un. Et un jour il y a eu la révolution. Aujourd’hui il y a huit Masters 1000, dix tournois 500 et quarante tournois 250 et on est traité comme le Tiers état. Je ne dis pas qu’il faut faire la révolution car l’ATP en est consciente, elle cherche à changer ce système et je fais partie du board de la fédé. Pour moi il n’y a qu’une possibilité, c’est la refonte du classement et des points. Tant qu’on ne donne pas plus d’importance sportive aux tournois ça ne fonctionnera pas. Le joueur qui ne se sent pas bien, même s'il a 50.000 euros ou 100.000 euros à la clé, il ne viendra pas. Del Potro me l’a dit avant le tournoi: «Je suis fatigué, je ne viens pas juste pour prendre le chèque.» Il est allé à Rotterdam pour faire des points et là il m’a dit «je préfère m'entraîner à Dubai.»


















