Monaco/OM : José Anigo, trop fragile?
FOOTBALL•L’épisode du tag à la Commanderie vendredi à mis en lumière la tension qui règne autour de l’équipe marseillaise et de son coach…Camille Belsoeur, à Marseille
En temps normal, accoler le mot «fragile» au nom de José Anigo passerait pour une faute de syntaxe. L’entraîneur de l’OM, gamin des quartiers nord de Marseille, est connu pour son caractère bouillant - limite volcanique - et sa passion sans limite pour son club de toujours. Habitué aux courts intérims sur le banc olympien pour des missions commandos, José Anigo est un coach à poigne, de ceux qui vous transforme un joueur talentueux mais trop nonchalant en guerrier impitoyable.
Un vestiaire toujours divisé
Mais cette saison, pour ce qui est son 4e intérim à la tête de l’OM, l’ex-minot ne semble plus aussi fort sous la pression. S’il avait réussi à bien relancer la machine dans les semaines suivantes l’éviction d’Elie Baup (5 matchs sans défaite entre mi-décembre et mi-janvier), le retour de bâton est depuis douloureux. Marseille a d’abord perdu deux fois, d’abord en Coupe de la Ligue face à Lyon sans rien montrer (1-2) puis sur sa pelouse du Vélodrome de manière honteuse face à un Nice bis (4-5) en Coupe de France. Avec toujours les mêmes criantes limites techniques et mentales que sous l’ère Baup, soit un bloc défensif fragile comme la pelouse du Vélodrome en ce mois de janvier pluvieux et des joueurs qui baissent la tête au moindre fait de jeu défavorable.
En privé, José Anigo se plaint du comportement des «jeunes» qu’il a du mal à tenir dans un vestiaire à l’ambiance tendue. Même si des cadres comme Bruno Cheyrou, tiennent le discours inverse: «Le groupe a toujours bien vécu, c’est faux de dire qu’il ne vivait pas bien avant. Il y a une très bonne ambiance dans ce groupe, même si comme partout il y a parfois des altercations, des tensions.» Opération classique de langue de bois.
«Le père de famille est meurtri»
Mais surtout, c’est la perte de son fils Adrien, abattu par balles dans une rue de Marseille début septembre, qui fait le plus craindre une fatigue psychologique chez l’entraîneur de l’OM. Et l’épisode du tag de vendredi, où les mots «Pk Adrien et pas José» et «Anigo Mafia» peints à la bombe ont été découverts sur un mur du centre d’entraînement Louis-Dreyfus, a fait ressortir cette blessure. Choqué, José Anigo a annulé la traditionnelle conférence de presse d’avant-match qui devait se tenir le jour même. «Ce n'est pas la personnalité sportive qui est attaquée mais l'homme. Le père de famille est meurtri et atterré par la violence des mots. En conséquence, touché au plus profond de lui, pour des raisons que chacun comprendra, José Anigo n'est pas en mesure de se présenter en conférence de presse ce midi», expliquait le club via un communiqué vendredi.
Soutenu par son président Vincent Labrune, l’entraîneur de l’OM n’a plus le soutien des supporters, et en particulier des South Winners qui appellent les fans «à faire vivre l’enfer» aux joueurs dans leur vie de tout les jours. Pourtant, malgré ces soubresauts, Marseille, qui compte neuf points de retard sur Lille mais deux matchs en moins, peut toujours croire à une place sur le podium. À condition de faire un résultat ce dimanche soir à Monaco (21h), où l’ambiance sera électrique sur le terrain… et autour du banc olympien.



















