Dakar 2014: Pour Etienne Lavigne, «le Dakar n’a jamais été autant couvert»
DAKAR – Le patron de l'épreuve compare la période africaine à la période sud-américaine…Propos recueillis par Romain Baheux
De notre envoyé spécial à Rosario (Argentine)
Il est l’homme qui a fait déménager le Dakar. Directeur de la course depuis près de dix ans, Etienne Lavigne a connu les éditions africaines et sud-américaines de la course. Arrivée en 2009 en Amérique Latine, l’épreuve a désormais pris ses habitudes de ce côté de l’Atlantique. L’occasion pour son directeur de dresser les différences entre le Dakar de chaque continent.
L’organisation. «C’est plus difficile en Amérique du Sud. On traverse des pays avec des attentes en termes de sécurité et d’environnements assez importantes, on travaille avec beaucoup d’administrations. En Afrique, on était dans des régions plus désertiques avec moins de population à gérer. Les administrations y étaient moins nombreuses et moins dans l’attente de certains documents.»
Le climat. «Le changement est radical. Lorsque le Dakar évoluait en Afrique, on était dans l’Hémisphère Nord en janvier, donc en hiver. Il ne faisait jamais véritablement très chaud, même dans les parties désertiques. Ici, on est en plein été et on a des températures qui s’élèvent à 40 ou 43 C°. On a des problèmes d’hydratation à gérer pour les pilotes, la course est encore plus rude pour eux.»
La ferveur. «Ici, il y a une culture des sports mécaniques qui n’existait pas en Afrique. Là-bas, il y avait quand même un vrai intérêt pour le Dakar. C’était le seul événement récurrent d’envergure internationale avec la Coupe d’Afrique des Nations de football à l’époque. Au Sénégal à l’arrivée, on avait un véritable engouement. Ici, c’est différent parce qu’il y a beaucoup de courses et qu’il y a de grands pilotes qui ont grandi sur ce continent. La passion est donc très forte. A Rosario, on parle de 500.000 à 600.000 personnes qui vont venir assister au départ du Dakar dimanche. L’an dernier à Lima (Pérou), il y avait un million de personnes dans la rue.»
La difficulté sportive. «Le Dakar n’a jamais été facile. On est sur une course extrême, qui traverse des paysages extrêmement variés comme ici avec le désert et les Andes. Elle n’est ni moins dur, ni plus dur qu’avant. Cette course reste le Vendée Globe des sports mécaniques.»
Les participants. «En Afrique, on avait très peu de concurrents sud-américains. Aujourd’hui, quasiment toutes les nationalités de ce continent sont représentées. On a toujours beaucoup d’Espagnols, ça c’est historique. La dimension internationale est plus forte qu’avant tout comme sa notoriété. Ca veut dire plus de médiatisation autour de l’épreuve puisque chaque pays va suivre ses concurrents. Il est repris dans 190 pays. Il n’a jamais été autant couvert.»



















