Coupe du monde: Les stades brésiliens sont-ils dangereux?
FOOTBALL – Après les violences lors d’un match entre l'Atlético Paranaense et Vasco de Gama...J.L.
L'irrémédiable n'a pas eu lieu, puisque aucun supporter présent dans les tribunes de l'Arena de Joinville n'est décédé après les incroyables violences qui ont émaillé une rencontre de championnat brésilien dimanceh. Les images, choquantes, posent toutefois question à moins de six mois du coup d'envoi de la Coupe du monde au Brésil.
Que s’est-il passé dimanche à Santa Catalina?
L’Atlético Paranaense et Vasco de Gama jouaient un match déterminant pour la dernière journée du championnat brésilien. Qualification pour la Copa Libertadores pour le premier en cas de nul –l’équivalent de la Ligue des champions sud-américaine – et descente en D2 pour l’autre en cas de défaite. Une rencontre délocalisée à une centaine de kilomètres de Curitiba, ville-hôte de la Coupe du monde, par peur d’affrontements entre les ultras des deux clubs. A la 17e minute, alors qu'Atlético menait 1 à 0, des supporteurs des deux clubs ont commencé à se battre à coups de pied et de poing dans les tribunes et tout a très vite dégénéré, conduisant à l’interruption de la rencontre. Un supporter a même dû être évacué par hélicoptère, l’hôpital de Santa Catalina faisant état de son côté de quatre blessés hospitalisés, dont un dans un état grave. Le match a repris au bout d’une heure, avec la victoire de l’Atlético 3-1.
Violents affrontements dans un stade de... par 20Minutes
Y a-t-il eu des manquements en terme de sécurité?
«Il n’y avait pas les forces de sécurité suffisantes pour garantir ce qu’il y a de plus important: la vie de tous les supporters présents», a lancé Roberto Dinamita, président de Vasco da Gama. La police militaire, à la réputation sulfureuse au Brésil, était postée à l’extérieur du stade, le match étant considéré «comme un événement relevant de l’organisation privée du club.» La société privée de sécurité présente à l’intérieur du stade s’est vite fait dépasser par les événements, les violences n’ayant cessé qu’avec l’intervention de la police. «Il s’agit d’un classique de violences entre bandes rivales de club», explique un ancien responsable de la sécurité lors du Mondial 98 en France. «Une société privée de qualité ça coûte cher et le club qui recevait n’avait visiblement pas pris la mesure des risques. Ils sont passés à côté.»
Ce genre de troubles peut-il se dérouler pendant la Coupe du monde?
«Non, je ne me fais aucun souci à ce niveau-là, juge notre interlocuteur. Il y a un cahier des charges de la Fifa à respecter et le Brésil mettra les moyens pour que ça se passe bien». Confronté à des problèmes de bagarres dans ses stades depuis des années, l’Etat fédéral a déjà pris des mesures symboliques, comme l’interdiction de la consommation d’alcool pendant les matchs pour éviter les dérapages. Et le test grandeur nature de la Coupe des confédérations n’avait rien révélé d’inquiétant, grâce au travail de coopération avec les fédérations et les polices du monde entier. «Pendant la Coupe du monde, la sécurité échoit au pays organisateur, mais il y aura des physionomistes de tous les pays engagés pour identifier les hooligans potentiels à l’entrée des stades. L’idée forte, c’est d’empêcher l’entrée des 1 ou 2% de supporters qui posent problème.» Les Brésiliens comme les autres.


















