Des prostitués de la Vila Mimosa, à Rio de Janeiro, au Brésil, le 25 mai 2011.
Des prostitués de la Vila Mimosa, à Rio de Janeiro, au Brésil, le 25 mai 2011. - Felipe Dana / AP / Sipa

Pour les supporters comme pour les joueurs, la Coupe du monde débute dans neuf mois. Mais pour les associations de lutte contre la prostitution sur mineurs, pas question d’attendre le coup d’envoi. L’événement qui attirera plus de 600.000 touristes au Brésil se prépare très en amont du côté de l’Ecpat, l’association de lutte contre la prostitution de mineurs à l’origine d’une vaste campagne de prévention sur les risques encourus par les clients de prostitué(e)s.

Au pays du foot, au moins 250.000 mineurs seraient exploités sexuellement. Notamment dans les Etats du nord est du pays. Selon Philippe Galland, directeur exécutif d’Ecpat France, «il y a une certaine inquiétude par rapport à cette destination qu’est le Brésil. D’où la nécessité de prévenir en amont.» Des spots télévisés sont déjà passés après les matchs de l’équipe de France. Au Brésil, un accord a été passé avec les taxis locaux pour diffuser un message clair: quelle que soit la nationalité des supporters concernés, la prostitution sur mineur est punie de trois à sept ans de prison.

Ne pas stigmatiser les supporters

La campagne «Ne détournez pas le regard» vise donc à avertir les fans des équipes qui se rendront sur place des risques encourus en cas de violation de la loi. L’objectif n’est pas non plus de stigmatiser les supporters. Aucune étude précise n’indique dans quelle proportion la prostitution sur mineurs augmente lors des grands événements sportifs. «Les supporters ne représentent pas spécifiquement un groupe à risque. C’est l’afflux massif de touristes représente un risque important», poursuit Philippe Galland.

Pour l’association, le supporter lambda est assimilé à un touriste sexuel occasionnel, à la différence du pédophile, qui choisit ses voyages en fonction de ses désirs sexuels. Dans un contexte exotique et festif, le risque de passer à l’acte serait plus grand chez les adeptes du «ce qui se passe au Brésil reste au Brésil.» Une maxime que la loi ne connaît pas. 

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