Pro A : Nanterre doit déjà penser à son avenir
BASKET•Le champion de France devra évoluer pour disputer l'Euroligue...Julien Laloye
Champion de France depuis samedi, Stephen Brun n’a toujours pas échangé sa photo de profil twitter –Nowitzki soulevant le titre NBA- pour une autre remise de trophée plus récente et plus personnelle. Quand il y pensera, il pourra également passer un petit coup de fil à la chaîne Sport + afin de préciser qu’il ne pourra plus commenter les rencontres d’Euroligue l’an prochain. Avec une excuse béton au passage : il la jouera sur le terrain.
«Il faut que le club se structure»
« Un truc exceptionnel, sourit l’intérieur de Nanterre. Mais bon il y a beaucoup de choses à faire avant d'être prêt pour l'Euroligue». Trouver de l’argent et une salle assez grande pour accueillir l’évènement par exemple, sans trahir l’identité du club, «Celle du niveau d’en bas, avec de vraies valeurs humaines, où on respecte l’individu tout en étant ambitieux», répète Pascal Donnadieu, l’ancien employé de banque qui a fait gravir tous les échelons à Nanterre depuis le niveau départemental, pendant que le père Jean gérait l’association et que la femme Jeanne s’occupait de la billetterie.
Il faut que le club se structure et qu'on déleste un peu de poids à Pascal qui fait tout, il est coach, il est manager, il va balayer les appartements! » plaisante Brun. Ce n’est pourtant pas prévu au programme. La mairie communiste, qui contribue presque pour moitié au budget du club, 2,6 millions d’euros cette saison, a poliment demandé aux Qataris et à l’argent qui va avec d’aller prospecter ailleurs. Ce n’est donc pas comme ça que la JSF entend convaincre son trio d’Américains de rester en banlieue parisienne la saison prochaine, même si Jean Donnadieu a promis de consacrer 100 000 euros supplémentaires aux salaires à la rentrée.
Conserver l’effectif
Cela n’a pas empêché Lighty, meilleur marqueur de Nanterre en playoffs (14,9 points), de confier son envie de rempiler avant même la qualification pour l’Euroligue. Une décision qui doit sans doute un peu – beaucoup- au soutien affiché du club au moment de la laisser partir deux fois aux Etats-Unis pour veiller sa mère, morte de maladie. L’argument de la petite asso familiale devait aussi fonctionner pour le meneur Meacham, sorti de sa retraite par la JSF alors que personne ne croyait plus en lui en début de saison. «On sera toujours ce club qui prend des gens un peu paumés» sourit Donnadieu père. Paumés et commentateurs sportifs, ça marche aussi ?


















