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Rugby: Comment les Bleus doivent gérer le haka

Rugby: Comment les Bleus doivent gérer le haka

RUGBY – La France dispute son premier test-match contre la Nouvelle-Zélande samedi...
Romain Baheux

Romain Baheux

Un silence dans le stade. La litanie guerrière s’élève sur la pelouse et met soudainement en branle quinze hommes dans une chorégraphie élaborée. Le haka, légendaire cérémonial des All Blacks, fait autant partie de l’ADN de la Nouvelle-Zélande que son jeu spectaculaire. Samedi (9h35), les Bleus débuteront à Auckland leur série de trois test-matchs face aux champions du monde et leur rituel d’avant match. Pour certains comme le demi d’ouverture Camille Lopez, cela coïncidera avec leur première cape en équipe de France. «Le plus important, c’est de ne pas se laisser prendre par l’émotion, raconte l’ancien demi de mêlée Guy Accoceberry, également baptisé en Nouvelle-Zélande en 1994. Soit on tente d’en faire totalement abstraction, soit on va à fond dans leur logique de combat.»

«Si tu baisses le regard, 50% du chemin est fait pour eux»

En terre hostile, à l’autre bout du monde, mieux vaut avoir le cœur bien accroché quand le cri de guerre maori débute. Impressionnant en lui-même, le cérémonial est renforcé par la crainte d’affronter une équipe capable d’infliger une déroute à n’importe quelle sélection. «On ne peut pas s’empêcher d’être un peu spectateur mais on essaie quand même de tenir leur regard, explique l’ancien troisième ligne Olivier Magne.» «Si tu baisses les yeux, 50% du chemin est fait pour eux, poursuit Accoceberry. Pour le deuxième test-match, je m’étais focalisé sur mon vis-à-vis lors du haka, qui était un petit gabarit. Je me suis dit qu’il valait mieux le fixer lui que Jonah Lomu.»

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Pour perturber la machine néo-zélandaise, tous les moyens sont bons y compris la provocation. En 1999, Richard Dourthe et Olivier Magne avaient tourné le dos aux All Blacks avant la demi-finale de Coupe du monde. «Leur entraîneur nous avait provoqués dans la presse, raconte l’ancien troisième ligne des Bleus. On voulait leur montrer que ce n’était que du folklore et que l’on pouvait très bien s’en passer.»

La réponse peut parfois être collective. En 2007, lors de leur quart de finale victorieux à Cardiff, les Bleus s’étaient rapprochés à quelques mètres des Blacks, disposés en une ligne tricolore. En 2011, avant la finale de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, le capitaine Thierry Dusautoir avait disposé ses hommes pour former un V. «Le contexte n’est pas le même, poursuit Olivier Magne. Il n’y aura pas de tension particulière car il n’y a pas d’antécédents entre les équipes qui seront sur la pelouse samedi.» Avec deux autres test-matchs prévus contre les All Blacks dans cette tournée, il y a largement le temps de pimenter les hakas.