Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Armel Le Cléac'h : «Cette épreuve permet de revoir les fondamentaux»

Armel Le Cléac'h : «Cette épreuve permet de revoir les fondamentaux»

VOILE – Le skipper se confie à «20 Minutes» à quelques heures du départ de la Solitaire du Figaro…
Propos recueillis par Matthieu Goar

Propos recueillis par Matthieu Goar

Après un beau Vendée Globe marqué par son duel perdu face à François Gabart, Armel Le Cléac’h revient aux fondamentaux. Dimanche, il sera au départ de la Solitaire du Figaro, l’épreuve-reine de la régate en solitaire. Face à 40 autres marins, le skipper finistérien, déjà double-vainqueur, veut se jauger à 18 mois de la Route du Rhum, son nouvel objectif.

Pourquoi revenir sur la Solitaire du Figaro?

La course du Figaro est toujours difficile car c’est une course au temps, on peut faire trois bonnes étapes et tout perdre sur la dernière. Mais c’est pour cela aussi que je reviens. Après un tour du monde à couteaux tirés, cette épreuve permet de revoir les fondamentaux: le sommeil, les départs serrés, la navigation au contact. Cela permet d’acquérir encore cette expérience supplémentaire avant la Route du Rhum l’année prochaine, le gros objectif. Et puis cela permet de juger la concurrence qui arrive car je n’ai pas eu trop le temps de les voir.

Avec 6 anciens vainqueurs dont Michel Desjoyeaux, le plateau est l’un des plus relevés de l’histoire de cette course…

Oui mais plus le niveau est difficile, plus la victoire est belle. Il y a beaucoup de favoris et de prétendants au podium. Les places vont être chères dans les 15 premiers. Il va être intéressant de voir qui va être aux avant-postes, notamment lors de la première étape. Psychologiquement, il faut marquer les esprits dès l’entame. Le mental prime. La pression et la concurrence peuvent perturber certains.

Comment vous êtes-vous entraîné? Cela a-t-il été compliqué de se relancer après le Vendée Globe?

J’ai fait deux courses de 2-3 jours puis trois stages d’entraînement de 4 jours. Cela fait un peu moins de 20 jours de navigation en Figaro. Ce n’est pas énorme. L’après Vendée Globe est toujours chargé, avec de très nombreuses sollicitations. Et puis j’ai pris un peu de vacances, de repos. Pour avoir l’envie de repartir, de se refaire mal à l’entraînement, en stage à Port-la-Forêt où les conditions ne sont pas estivales en ce moment, pour remettre les bottes, le bonnet, les polaires, il fallait d’abord faire un break, se changer les idées.

D’habitude la Solitaire part en août. Est-ce qu’un départ en juin change quelque chose?

En ce moment, la météo est un peu perturbée. Est-ce que l’anticyclone va se décaler chez nous? C’est une possibilité. On peut avoir une solitaire estivale. Si la météo reste perturbée, ce sera une solitaire dure, froide. Mais s’il y a du vent au moins on ira vite. Une course sans vent est beaucoup plus dure nerveusement. La météo, on la prend comme elle vient car tout le monde est mangé à la même sauce. Non, ce qui change au mois de juin, c’est que l’on va avoir des nuits très courtes, avec deux heures de soleil en plus. Quand on est en solitaire, cela change beaucoup car il est toujours moins facile de manœuvrer le bateau la nuit.

L’arrivée de la troisième étape à Roscoff doit être particulièrement importante à vos yeux…

J’avais toujours dit que je serai au départ de la Solitaire le jour où il y aurait une étape à Roscoff, dans ce port que l’on attend depuis 20 ans en baie de Morlaix. Entre Jérémie Beyou, Nicolas Troussel et moi, nous sommes trois solitaires issus de ce coin à avoir gagné la Solitaire lors des cinq dernières éditions. Pas mal. Je serai encore plus concentré sur cette étape. J’aimerais arriver au pays bien plac