Le pilote français Stéphane Péterhansel, au bivouac d'Arequipa, le 9 janvier 2013.
Le pilote français Stéphane Péterhansel, au bivouac d'Arequipa, le 9 janvier 2013. - F.Fife/AFP

Antoine Maes

De notre envoyé spécial à Calama (Chili)

Il y a la course, sans limitation de vitesse, ou presque. Et il y a les coulisses. Celles des camions d’assistance, qui travaillent la nuit sur les véhicules des concurrents et roulent le jour pour rejoindre le bivouac suivant. C’est l’uns de ceux-là qui a été impliqué dans une collision, mercredi soir, vers 21h30, au Pérou. Celui de l’écurie Race to Recovery, qui roulait en liaison sur la panaméricaine, la route la plus longue du monde, tout en ligne droite. Impossible pour le moment de déterminer qui est le fautif, en attendant les avancées de l’enquête de police.

«On a un peu de pression, on doit être à l’heure au bivouac, tout en assurant la sécurité» 

Cette année sur le Dakar, c’est donc cette classe un peu part sur le rallye qui a été touchée. Le danger numéro 1, pour eux, c’est la fatigue et le stress. «Mercredi, on a fini la mécanique vers 2h du matin, on est parti à 4h15, témoigne le Finlandais Joho Kirsse, qui conduit l’uns des camions de l’écurie moto Husqvarna. Oui, on a un peu de pression, on doit être à l’heure au bivouac, tout en assurant la sécurité. C’est serré, mais ça doit être ça l’esprit du Dakar.» «On nous met toujours plus ou moins de pression, mais moi je ne mets pas ma vie en danger parce que je veux être là une demi-heure plus tôt», lui répond le Français Marc Kapp, qui conduit un camion des Mini de Stéphane Peterhansel. 

Retrouvez le blog de notre envoyé spécial

De toute façon, la vitesse des camions d’assistance est scrutée par l’organisation. Grâce au système Tripy (une sorte de GPS), tous les excès de vitesse sont détectables par les commissaires. Depuis le début du rallye, 40 cas d’excès de vitesse ont été détectés, pour trois infractions au code de la route. Les sanctions varient de 200 euros jusqu’à l’immobilisation du camion pour 24h. « Il y en a qui tracent comme des bêtes, ils s’arrêtent boire des pintes, et ils repartent. Au lieu de mettre 300 euros d’amende aux meilleurs pilotes, tu leur fous deux heures, y’a plus personne qui ferait de bêtise», témoigne un chauffeur souhaitant garder l’anonymat. Une règle qui existe, mais qui n'est que très rarement appliquée, voir jamais.

«Les locaux ne sont pas dangereux conduisent très doucement, la tentation est très forte de doubler» 

Depuis trois ans et l’instauration des limitations de vitesse, tous les camions d’assistance s’accordent tout de même sur un point: «la sécurité est plus grande». Mais elle pourrait l’être un peu plus. D’abord, si les camions d’assistance étaient mieux informés des coutumes locales sur la route. «Les locaux ne sont pas dangereux, parce qu’ils conduisent très doucement. Mais du coup, la tentation est très forte de doubler», raconte Joho Kirsse. Et c’est peut être ça qui a coûté la vie à deux personnes, mercredi soir dans les environs de Tacna, tout au sud du Pérou.