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VIDEO. VR_I, le trip extracorporel qui fait danser Sundance
ART•Le chorégraphe suisse Gilles Jobin propose un trip fascinant en réalité virtuelle...Philippe Berry
Et si l’art était la meilleure porte d’entrée vers le monde merveilleux de la réalité virtuelle ? Alors que HTC, Sony et Oculus misent surtout sur le jeu vidéo, le festival de Sundance présente une vingtaine d’expériences immersives et interactives dans le cadre de son expo New Frontier. La plus réussie, VR_I, est une collaboration suisse entre le chorégraphe Gilles Jobin et la fondation Artanim, qui permet d’évoluer au milieu danseurs et de géants. Ebouriffant.
Parce que la réalité virtuelle mobile n’en est encore qu’à ses balbutiements, on enfile à sac à dos contenant un ordinateur relié à un casque Oculus Rift, et des capteurs aux mains et aux pieds. Des caméras situées tout autour de la pièce suivent les mouvements de tout le monde en temps réel.
Change de sexe et de couleur de peau
L’expérience se vit à cinq et commence dans une caverne. Et puis le plafond se soulève et révèle une demi-douzaine de titans de 40 mètres de haut qui déambulent sans prêter attention aux fourmis que nous sommes. C’est donc ça que ressent Gulliver au pays des géants. Quand une main s’approche, difficile de ne pas s’accroupir, dans un réflexe primal de survie.
« Jolie robe », complimente un participant. Car VR_I permet de changer de sexe mais aussi de couleur de peau, pour une expérience quasi-extracorporelle, qui, selon les résultats de plusieurs études, semble augmenter notre capacité d’empathie et faire baisser notre « implicit bias » (« préjugés inconscients »). Le cerveau un peu perturbé par ce trip, on ressent le besoin de se rassurer en touchant ses bras. Ils sont toujours là.
On oublie la technologie
Changement d’échelle. Maintenant, on domine des Lilliputiens, pour des rôles inversés. Nouveau décor. Au milieu d’un parc, des humains de taille normale dansent et virevoltent avec une grâce infinie. Certains participants se laissent aller à un pas de danse. D’autres attrapent la main d’un partenaire et se joignent à ce ballet, qui prend fin après quinze minutes. On revient sur le plancher des vaches presque ému par tant de beauté.
« Je voulais avant tout travailler sur les corps et le mouvement dans l’espace », confie Gilles Jobin. Avec la solution technique de motion capture et d’immersion virtuelle d’Artanim mise au point par Caecilia Charbonnier et Sylvain Chagué, aux Etats-Unis, le chorégraphe dit avoir trouvé « la technologie idéale : celle qui s’oublie ».


















