Le nouveau « Monsieur patrimoine » ne fait pas l’unanimité. Le choix de l’animateur Stéphane Bern, ami proche du couple Macron, à qui le chef de l’Etat a confié samedi une mission bénévole pour identifier des monuments du patrimoine local en péril, a été largement critiqué sur Twitter.

« Il a montré son attachement au patrimoine culturel par ses émissions »

A la question « pourquoi Stéphane Bern ? », Emmanuel Macron, qui visitait samedi matin, à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, le château de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas à Port-Marly (Yvelines), a répondu : « Pourquoi pas ? Parce qu’il a cette passion, parce qu’il a montré ces dernières années son attachement au patrimoine culturel par ses émissions, et donné goût à cela à nombre de nos concitoyens ». Sur le réseau social, la pilule avait du mal à passer auprès des historiens :

« Et Line Renaud à la Culture »

Stéphane Bern a expliqué qu’un premier rapport était prévu dans 6 mois. Il s’agit de « recenser les chefs-d’œuvre en péril, comme cela avait été fait par un illustre prédécesseur au XIXe siècle, Prosper Mérimée, et de trouver de nouveaux moyens de financement, sans surcharger le budget de l’Etat », a commenté l’animateur, dont Emmanuel Macron a dit vouloir « reconnaître l’importance du travail qu’il a fait ces dernières années, en lui demandant de le continuer de manière officielle et en lui donnant une place dans le travail de l’Etat ». Beaucoup ironisaient sur de possibles – bien qu’improbables – prochaines nominations :

Bonnets d’ânes distribués par les internautes

Sur Twitter, certains ont aussi tenu à rectifier une leçon d’histoire administrée au cours de la même visite par le tandem Macron-Bern, notamment accompagné d’une quinzaine d’élèves de CM2 et de la ministre de la Culture Françoise Nyssen. Dans une vidéo publiée sur le compte du chef de l’Etat, on voit l’animateur expliquer aux enfants l’importance de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, signée en 1539 par le roi François Ier, qui impose notamment que les actes administratifs et judiciaires soient rédigés en français, et non plus en latin.

« Dans ce château, le roi a décidé que tous ceux qui vivaient dans son royaume devaient parler français », renchérit Emmanuel Macron devant les élèves. Une approximation qui a notamment chatouillé Mathilde Larrère, ex-membre du Parti de gauche et surtout historienne spécialiste des révolutions et de la citoyenneté :