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Fusées: «Ariane 6 est la garantie pour l'Europe de conserver un accès à l'espace»
INTERVIEW•L'Agence spatiale européenne vient d'engager plus de 3 milliards d'euros pour le développement de sa prochaine génération de lanceurs...Propos recueillis par Nicolas Bégasse
La famille des lanceurs (ou fusées) européens va s’agrandir, ou plutôt se renouveler. De gros contrats ont été signés entre l’Agence spatiale européenne (ESA) et ses partenaires industriels, a annoncé l’ESA ce mercredi, pour la coquette somme de 3,395 milliards d’euros. Autant d’argent pour quoi faire au juste ? 20 Minutes a posé la question au directeur des lanceurs de l’ESA, Gaele Winters.
Quelle va être la nouvelle génération de lanceurs ?
Actuellement nous utilisons la fusée Ariane 5, le petit lanceur Vega, et la fusée russe Soyouz. L’idée est de remplacer Vega par Vega-C [« C » pour « consolidé »], et de remplacer Soyouz et Ariane 5 par les deux modèles d’Ariane 6 : A62 équipée de deux boosters, A64 avec quatre boosters.
Que va apporter la nouvelle version de la fusée Ariane ?
Il y a de nombreuses différences entre Ariane 5 et 6, mais la principale est que nous allons produire le prochain modèle de fusée de façon beaucoup plus efficace. Le coût de production d’Ariane 6 est deux fois moindre que celui d’Ariane 5. Notamment parce que nous allons construire plus de boosters : là où aujourd’hui on en produit dix ou douze par an, ce chiffre va passer avec Ariane 6 à 30 ou 35. Parce que les lancements seront moins chers, donc plus nombreux, et parce que la fusée Vega-C utilisera le même type de booster, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Et pour Vega ?
Vega-C sera plus puissant et plus efficace, mais la différence principale est que pour un même prix, il permettra d’envoyer dans l’espace de 20 à 30 % de matériel en plus. C’est vraiment un gros progrès.
Les fusées Soyouz ne seront plus utilisées, y a-t-il derrière une envie d’indépendance vis-à-vis de la Russie ?
Soyouz est un fantastique lanceur, mais on doit bien se rendre compte qu’à chaque Soyouz construit, c’est autant d’activité qui est créée en dehors de l’Europe. Or, l’ESA et les Etats-membres qui la soutiennent financièrement veulent créer de l’activité en Europe. De plus, passer de Soyouz à Ariane 6, c’est créer plus de volume et donc optimiser la production.
L’arrivée de SpaceX a accru la concurrence entre constructeurs. Peut-on imaginer, un jour, une collaboration plutôt qu’une compétition ?
Pour le moment, il y a une forte concurrence, ce qui assure le meilleur service possible au meilleur prix. Ariane 6 est une réponse à cette situation de concurrence accrue. Ainsi qu’une garantie offerte aux Etats-membres de l’ESA, de conserver un accès à l’espace.
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A plus long terme, quels sont les projets en cours ? Les lanceurs réutilisables, c’est pour bientôt ?
Nous avons d’autres programmes, plus petits, visant à prévoir la suite : Ariane 6 va avoir une longue période d’exploitation, mais après ? Les recherches sur le thème des lanceurs réutilisables en sont un aspect, qui sera peut-être concrétisé pour Ariane 6, ou une éventuelle Ariane 7. Mais il y a encore beaucoup de travail.



















