Après la vague inédite de cyberattaques ayant visé le Web français depuis dix jours, il est temps de faire le point. Plus de 1.300 attaques ont été revendiquées après les attentats en France au nom d'organisations islamistes radicales, a déclaré lundi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, précisant qu'il y avait eu plus de 25.000 sites piratés.

«Plus de 1.300 attaques ont été revendiquées par des équipes (de) hackers se revendiquant d'organisations islamistes» radicales, a indiqué le ministre, qui a visité la sous-direction de lutte contre la cybercriminalité de la police judiciaire (PJ) française à Nanterre (Hauts-de-Seine). Une «réponse judiciaire commune», dont il n'a pas précisé la nature, a eu lieu.

«Contacts privilégiés» noués avec Facebook, Dailymotion ou Google

Le ministre a également souligné la «mobilisation» de la sous-direction de la PJ qui a notamment activé la plateforme gouvernementale nationale Pharos, où sont signalés en France les contenus illicites liés à internet et où les policiers du Web sont très actifs. Depuis les attentats, ils ont créé «nuit et jour» une veille internet dédiée aux conséquences éventuelles de ceux-ci.

«Pharos a traité plus de 25.000 signalements de contenus illicites sur le Net», a dit le ministre, évoquant des «cyberattaques malveillantes» sur des sites institutionnels et privés. Des «contacts privilégiés» ont été noués avec Facebook, Dailymotion ou Google et des «demandes de retraits en ligne» ont eu lieu par exemple de sites ou vidéos «liés aux attaques terroristes».

«La puissance publique doit prendre des initiatives et affirmer sa puissance pour protéger les internautes» face aux «menaces», a réaffirmé Bernard Cazeneuve, «dans le respect des libertés publiques».

Malgré les menaces, par de pic d'attaques jeudi dernier

Le premier ministre avait demandé mardi à l'Assemblée nationale au ministre de l'Intérieur des propositions «dans les huit jours» concernant le contrôle d'Internet. «Elles devront concerner (...) les réseaux sociaux, plus que jamais utilisés pour l'embrigadement, la mise en contact et l'acquisition de techniques permettant de passer à l'acte», avait assuré Manuel Valls.

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Mercredi, à l'issue du Conseil des ministres, des mesures antiterroristes seront présentées par le gouvernement dont certaines visant Internet, a réaffirmé Bernard Cazeneuve. Il se rend mardi à Lille au Forum international «sur la cybersécurité» en compagnie de son homologue allemand Thomas de Maizière.

Aucun piratage d'ampleur n'avait été signalé jeudi dernier sur des sites internet français, alors que plusieurs groupes d'activistes faisant l'apologie des attentats contre Charlie Hebdo et la supérette cacher avaient promis un pic ce jour-là, selon les experts. Des sources policières avaient avancé le chiffre de 15 à 20.000 sites touchés.