Yik Yak, le sulfureux «Twitter anonyme» qui monte en puissance
HIGH-TECH•Lancée il y a un an seulement, l’application mobile a déjà levé 73,5 millions de dollars… et créé des incidents aux Etats-Unis…Anaëlle Grondin
Après Whisper, Secret et les innombrables applications surfant sur l’anonymat qui ont gagné les boutiques d’application mobile récemment, la start-up Yik Yak fait beaucoup parler aux Etats-Unis cette semaine. Fondée en octobre 2013, la société vient de boucler un tour de table de 62 millions de dollars, ce qui porte à 73,5 millions de dollars les fonds qu’elle a réussi à lever en un an, selon le Wall Street Journal. Le quotidien affirme que Yik Yak est la plus populaire des applis anonymes outre-Atlantique. Inventée par Tyler Droll et Brooks Buffington, fraîchement diplômés de l’université de Furman en Caroline du Sud, elle est surtout utilisée par les jeunes, et est présente à l’heure actuelle sur 1.500 campus universitaires américains.
Concrètement, l’application mobile, disponible sur iPhone et smartphone Android, est un réseau social qui permet de publier des messages de 200 caractères maximum de manière anonyme. Elle géolocalise en revanche tous les posts pour les classer en fonction de leur situation géographique. Son leitmotiv? «Get a live feed of what’s going on around you» («Suivez en temps réel ce qu’il se passe autour de vous»). L’application vient donc concurrencer davantage Twitter que Whisper ou Secret.
Des dérives inquiétantes liées à l’anonymat
En revanche, elle a la même réputation que ces réseaux sociaux mobiles sulfureux. Les applications qui misent sur l’anonymat ont à gérer de nombreux problèmes: rumeurs infondées, harcèlement, insultes, menaces… Yik Yak affronte énormément de critiques. Dans les collèges et lycées, les dérives se multiplient, comme le raconte le Wall Street Journal.
Le quotidien s’est notamment entretenu avec un policier de l’Iowa qui surveille les réseaux sociaux pour lutter contre le cyberharcèlement. Ce dernier a dû avoir recours à un outil de «geofencing» (créé par l’application elle-même) pour interdire son accès aux plus jeunes. Il permet de bloquer l'utilisation de Yik Yak dans un périmètre précis, autour d’un collège ou d’un lycée, par exemple. Mais il ne règle pas tous les problèmes. Non seulement l’application n’est pas bloquée dans tous les établissements fréquentés par les mineurs aux Etats-Unis mais les jeunes peuvent toujours y avoir accès dès qu’ils quittent le collège et le lycée.



















