La startup Magic Leap travaille sur une solution de réalité augmentée d'un genre nouveau.
La startup Magic Leap travaille sur une solution de réalité augmentée d'un genre nouveau. - MAGIC LEAP

Retenez bien ce nom: Magic Leap –à ne pas confondre avec Leap Motion– est la dernière startup qui agite la Silicon Valley. Et elle n'est même pas basée dans la région de San Francisco, mais en Floride. Selon Re/code, Google et plusieurs partenaires seraient sur le point d'investir dans un tour de table géant de 500 millions de dollars. Cela en ferait le second le plus élevé de l'histoire derrière les 1,2 milliard de dollars levés par le VTC Uber. Pour une technologie d'imagerie gardée secrète.

La «réalité cinématique», c'est quoi?

On ne sait pas exactement. Magic Leap entretient le mystère et fait du teasing avec cet adorable éléphant virtuel affiché entre des mains réelles.

«Réalité virtuelle, réalité augmentée, ce sont de vieux termes», confiait le fondateur de la startup, Rony Abovitz, au South Florida Business Journal fin septembre. Selon lui, la «réalité cinématique se dissocie» de ces ancêtres et «représente le futur de l'informatique». L'entreprise explique au New York Times qu'elle «projette une sculpture de lumière en 3D sur la rétine».

Une «sculpture de lumière»?

La startup expérimente avec la technologie «light field» («champ lumineux») révélée au grand public par l'appareil photo de Lytro. Au lieu de simplement découper une image en pixels, des micro-lentilles affichent chacune une portion de l'information lumineuse. Magic Leap ne veut pas couper l'utilisateur du monde comme la réalité virtuelle d'Oculus Rift mais «augmenter» notre vision par des objets 3D de synthèse. Par exemple avec des dragons volant au-dessus de Notre Dame ou un Pokémon assis sur le canapé.

Mais il faut quand même une paire de lunettes?

Sans doute, mais la technologie est différente de Google Glass. Ce n'est pas un petit écran en vision périphérique qui donne l'impression que l'image «flotte». Un laser de faible puissance intégré à des lunettes peut projeter une image sur la rétine pour un rendu proche d'une vision à la Terminator et en 3D.

Et pourquoi c'est mieux que la 3D traditionnelle?

Les lunettes 3D au cinéma ou la réalité virtuelle d'Oculus reposent sur le même principe: chaque œil voit en alternance deux images presque identiques. Cela simule la stéréoscopie (la vision 3D) mais ne permet pas une mise au point dynamique. Traduction: certaines personnes ont mal à la tête ou envie de vomir car tout reste net alors que l'arrière plan devrait par exemple devenir flou. La technologie «light field», elle, se rapproche davantage de la vision humaine pour offrir une 3D plus naturelle.

Personne d'autre ne travaille dessus?

Si. Nvidia et le MIT ont notamment présenté des prototype en 2013. La grande limitation a jusqu'ici été la faible résolution de telles images. Magic Leap, qui a reçu 150.000 dollars du département de la Défense pour ses «écrans ultra-haute résolution montés sur la tête» a sans doute réussi une percée de ce côté.

Plusieurs poids lourds impliqués

Ingénieur biomédical de formation, le quadragénaire Rony Abovitz a d'abord fondé une entreprise de robotique spécialisée dans la chirurgie qu'il a revendue pour 1,65 milliard de dollars. Avec Magic Leap, il a déjà noué un partenariat avec la société d'effets spéciaux de Peter Jackson, Weta Corp. Le vétéran du jeu vidéo, Graeme Devine (The 7th Guest, Quake III Arena) a rejoint la startup au printemps dernier. «Je suis familier des technologies et je ne suis pas facilement impressionné», lançait-t-il, fin août. «Ce que j'ai vu, je ne pensais pas que c'était possible.»

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