DragonBox Algebra, l’appli qui réconcilie avec les maths

HIGH-TECH Saluée par le «New York Times», le magazine «Wired» et lauréate de plusieurs prix, l’application mobile destinée aux enfants allie avec brio jeu vidéo et apprentissage de l’algèbre…

Anaëlle Grondin

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Capture d'écran de l'application mobile DragonBox Algebra.

Capture d'écran de l'application mobile DragonBox Algebra. — We Want To Know

Résoudre des équations et apprendre les règles de l’algèbre sans avoir l’impression de faire des maths et surtout en s’amusant. C’est ce que propose aux enfants de cinq ans et plus l’application mobile Dragonbox Algebra, remarquée par la presse américaine et même par Bill Gates.

Il s’agit avant tout d’un jeu vidéo au design soigné. Les enfants jouent sur tablette ou smartphone à élucider des équations où l'inconnue est un dragon dans une boîte et où les chiffres sont des bestioles colorées et rigolotes. Aucun théorème ni aucune consigne de quinze lignes ne s’affichent en amont. Le joueur apprend des combinaisons en essayant. Simple, efficace et sympathique.

Visualiser les équations

Deux Français, Jean-Baptiste Huynh, prof de maths, et Patrick Marchal, polytechnicien et chercheur en sciences cognitives, ont fondé la société We Want To Know en 2011 pour lancer ce jeu.

«Les équations, je les comprenais quand j’arrivais à m’en faire des images. J’ai toujours su que si j’arrivais à faire passer ces images-là, les gens comprendraient mieux ce qu’il y a derrière les maths», indique à 20 Minutes Patrick Marchal.

Ne pas trembler devant une fraction

 «Les gens aiment le jeu vidéo car en jouant ils ont l’impression de progresser. Ils s’accrochent et ont envie de continuer. Je me suis dit "prenons des problèmes de l’école et mettons les dans ce format-là"», raconte Patrick Marchal, qui a déjà travaillé dans le jeu vidéo et le ludo-éducatif auparavant. «Les maths, c’est comme un jeu vidéo, on apprend à résoudre des problèmes et quand on y arrive, on est content». Le plus compliqué, selon lui, c’était de «ne pas briser la magie du jeu avec les mathématiques».

«On ne dit pas que DragonBox enseigne complètement l’algèbre, parce qu’il y a des trous, on n’explique pas tout, reconnaît-il. Par contre, je pense que ça transmet le plaisir des mathématiques». En Norvège, des professeurs ont fait jouer leurs élèves. Patrick Marchal l’assure: «Le plus gros retour qu’on a, c’est qu’ils se retrouvent avec une classe qui n’a plus peur des mathématiques. C’est une grande fierté d’arriver à ça.»

Un frein, le prix de l’appli

 «On est en train de défricher un modèle», s’enthousiasme-t-il.  Son ambition? Voir les profs de maths «du monde entier» utiliser l’application pendant leurs cours. Sur le court terme, il espère «avoir suffisamment de moyens pour continuer et arriver à couvrir l’ensemble des mathématiques du collège et du lycée: la géométrie [une application dédiée, DragonBox Geometry, est prévue pour mai-juin], les fonctions, les probabilités…» 

Mais We Want To Know doit faire face à un obstacle non négligeable. DragonBox Algebra, achetée jusqu’à présent par 220.000 personnes, coûte 5,49 euros sur l'App Store et 4,79 euros sur le Google Play.  «C’est certainement un frein, concède Patrick Marchal. Mais nous sommes financés par ces ventes uniquement et c’est très difficile de faire vivre une société en proposant DragonBox à cinquante centimes».