« Tout est une source de stress énorme »… Les dessous de la profession de scénographe
tapis rose•Les festivals vont commencer à rythmer notre été. Derrière la beauté des décors se cachent des scénographes qui ont le souci du détailFiona Bonassin
L'essentiel
- Marion Roustit est scénographe depuis la fin de ses études aux Arts Décoratifs de Paris et travaille pour Canneseries depuis le début du festival il y a neuf ans. Elle a notamment choisi la couleur rose pour le tapis.
- Son orientation vers les festivals de cinéma a commencé en 2007 après avoir rencontré George Clooney lors de son premier festival, elle raconte « je ne pensais pas qu’en tant qu’un stagiaire, je pouvais être au contact de gens aussi important ».
- Son travail ne se limite pas à la décoration mais englobe de multiples aspects comme la mise en scène, la musique que l’on entend quand les artistes défilent et la coordination des projections.
Entre le tapis rose de Canneseries, les salles de projection et l’hôtel Barrière le Majestic, Marion Roustit scénographe sur l’évènement, ne s’arrête jamais. A chaque festival qu’elle gère, ses yeux sont de partout pour voir si chaque chose est à sa place et si ses équipes ont bien compris sa vision. Une vie à cent à l’heure où le cerveau ne s’arrête jamais. Un métier artistique qui peut faire rêver de par la beauté des évènements à sublimer et le prestige de les mettre en scène. La scénographe a rejoint les équipes de Canneseries depuis le début de l’aventure, il y a neuf ans. Entre une identité propre à trouver, les projets entre lesquels il faut jongler et la difficulté à faire reconnaître son travail, elle s’est confiée sur son métier.
George Clooney le déclencheur
Ce métier de scénographe, Marion Roustit l’a toujours fait depuis la fin de ses études, mais elle ne pensait pas se tourner vers l’organisation de festivals de cinéma. « J’ai fait les Arts Décoratifs à Paris. Au début je voulais être spécialisée dans la danse contemporaine. Je suis sortie majeure de promo et un de mes futurs collègues est venu au Grand Oral des Arts Déco. Il m’a demandé si je voulais collaborer avec lui pour des missions » se souvient-elle. Dès 2007, Marion Roustit ne va plus jamais quitter le monde du cinéma. Il aura suffi d’une rencontre pour avoir un déclic : « Pour mon premier festival, j’étais en stage et j’ai pu rencontrer George Clooney, c’est le premier talent que j’ai vu de toute ma vie. J’étais dans une pièce, seule avec lui, terrorisée. Je ne pensais pas qu’en tant qu’un stagiaire, je pouvais être au contact de gens aussi important. » raconte la scénographe.
Son histoire professionnelle est fortement liée à la ville de Cannes. Présente à Canneseries depuis le début en 2018, elle est à l’origine du choix de couleur du tapis : rose. « Je cherchais une couleur qui sorte du lot. La coulée rose me semblait idéale pour qu’on puisse nous identifier parmi tous les festivals. Par contre il y a quelques personnes qui m’ont dit ''Ah, c’est trop rose, c’est le tapis de Barbie.'' » souffle Marion Roustit qui ajoute qu’une de ses volontés était de « s’émanciper des marches de Cannes, parce qu’elles sont tellement iconiques que je trouvais dommage qu’on fasse une copie du festival de Cannes. »
Le travail d’une équipe
Tout au long du festival, la reine du tapis rose ne va pas se cantonner à la ''scéno''. Ses tâches sont multiples, « Je fais la mise en scène mais aussi la musique du tapis. Je coordonne tout ce qui va être projeté dans la salle. Donc la scénographie, ce n’est pas que le gros décor, c’est aussi tous les éléments pour tous les espaces ». énumère-t-elle. En gros son but est que le commun des mortels puisse reconnaître le festival via un logo ou un élément visuel dès qu’une photo sort sur les réseaux sociaux ou dans tout autre média. Marion Roustit tient à rappeler qu’elle fait partie d’un collectif : « la scénographie, ça ne se fait pas jamais tout seul, ça se fait avec plein de collaborateurs. Je veux remercier mon équipe technique, parce qu’on ne les voit pas, ce sont des gens de l’ombre. » martèle la spécialiste de la mise en scène, « sans eux, il n’y a rien. »
Remise de prix, projection, « tout est une source de stress énorme. Tu peux révéler un prix trop tôt ou tu t’es trompée de carton, ou quelqu’un qui est mal à l’aise sur scène, ou quelqu’un qui tombe… C’est indépendant de nous mais ça peut être grave » énumère Marion, « Sans oublier qu’on peut avoir un projecteur qui est mal réglé et qui éclaire pas le bon endroit. En fait, le souci c’est que tout le monde va en parler. » ajoute-t-elle dans un soupir. Quand on lui parle de ses rêves et du futur, la scénographe avoue « rêver de gagner au loto » même si, plus raisonnablement elle, espère avoir bientôt son propre atelier pour « travailler les décors, faire de la peinture et de la sculpture. ». En attendant, elle doit s’occuper de la mise en scène de la quatrième édition du festival du film Biarritz Nouvelle Vague, organisée du 23 au 28 juin.


















