La planification écologique, un vivier de postes à venir
ça embauche•Si la transition écologique représente un enjeu essentiel de société c'est aussi une véritable opportunité de création d'emplois dans les années à venir dans plusieurs secteursJulie Polizzi pour 20 Minutes
Les scientifiques sont unanimes : la transition écologique ne va pas assez vite et pas assez loin pour faire face aux enjeux climatiques actuels ! Pour accélérer le rythme, l'État a mis en place un plan de « planification écologique ». L'objectif est ambitieux : démultiplier les efforts collectifs « pour baisser de plus de moitié nos émissions de gaz à effet de serre, réduire nos pressions sur la biodiversité et mieux gérer nos ressources essentielles ». Une cinquantaine de leviers ont été identifiés avec des actions concrètes dans toutes les dimensions du quotidien : logement, consommation, alimentation, transports, etc. Or, ces adaptations représentent autant d'opportunités d'emplois pour être mises en œuvre ! C'est ce qu'a mis en évidence le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) dans une analyse actualisée en juillet 2024. Présentation.
Des milliers d'offres d'emploi en intérim à portée de clicDes besoins identifiés
La planification écologique concernerait directement quelque 8 millions d'emplois et serait créatrice nette de 200 000 à 550 000 emplois d'ici à 2030 dans les secteurs clés identifiés par le SGPE, à savoir : l'industrie, l'énergie, le bâtiment, les transports, l'agriculture et l'alimentation, ainsi que la gestion de l'eau et des déchets.
La rénovation énergétique du parc immobilier va notamment nécessiter des besoins accrus de main-d'œuvre (+ 190 000 emplois). En matière d'énergie, la hausse de postes sera évidemment due au développement des énergies renouvelables (+ 89 000 emplois). Concernant l'industrie, la tendance est plutôt à la réindustrialisation au sein de l'Hexagone afin de limiter la dépendance aux puissances extérieures et de maîtriser davantage la chaîne de production (+ 95 000 emplois). Du côté des transports, on va assister à une restructuration des emplois qui s'accompagnera de pertes, notamment dans le fret routier, voire le transport aérien, mais aussi de créations de postes dans le ferroviaire, l'industrie du vélo ou le transport routier de voyageurs, avec une balance positive estimée à 39 000 emplois. Vient ensuite la gestion de l'eau et des déchets qui va elle aussi avoir besoin de bras supplémentaires afin de rendre l'économie plus circulaire en misant sur l'allongement de la durée d'usage, la valorisation de la collecte et du tri, ainsi que des matériaux (+ 11 000 emplois).
Des secteurs en tension
Le besoin de main-d'œuvre est d'autant plus important dans certains secteurs en tension qui, outre les effets de la planification écologique, subissent un problème de renouvellement générationnel en raison d'importants départs en retraite. Alors qu'ils nécessiteront d'embaucher 2,8 millions de travailleurs, dont 90 % de profils techniciens et ouvriers, d'ici 2030, seuls 1,9 million de nouveaux entrants sont en effet attendus, selon le rapport du SGPE. Ces filières sont donc particulièrement intéressantes pour les étudiants en recherche d'orientation puisqu'elles garantissent des opportunités d'emploi durables !
Dans l'agriculture, ce sont les métiers d'agriculteurs, d'éleveurs mais aussi de sylviculteurs et de bûcherons qui sont ciblés. Dans le bâtiment, les ouvriers qualifiés des travaux publics, du gros œuvre et du second œuvre, ainsi que les conducteurs d'engins sont dans le viseur. L'industrie et l'énergie vont surtout manquer de techniciens et d'agents de maîtrise des industries mécaniques, mais aussi d'ouvriers du textile et du cuir. Enfin dans les transports, ce sont les ouvriers qualifiés de la manutention, les conducteurs et les agents d'exploitation qui vont être recherchés en priorité.


















