Comment les centres Épide participent à l’insertion des jeunes en difficulté
emploi•Depuis près de vingt ans, les centres Épide viennent en aide aux jeunes dont le parcours scolaire et personnel ne leur a pas permis de s’insérer dans l’emploi ou la formationM.K pour 20 Minutes
Créés en 2005, les établissements publics d’insertion dans l’emploi (Épide) accompagnent les jeunes en difficulté vers le monde du travail ou la formation. Destinés principalement aux 17-25 ans sans diplôme ni qualification, en perte de repères ou qui cumulent les difficultés personnelles, ces centres imposent une discipline stricte et se basent sur un contrat de volontariat. « École de la dernière chance », les Épides permettent à 4000 jeunes chaque année de se reprendre en main et de préparer leur avenir.
Les jeunes les plus vulnérables
Avec vingt établissements répartis partout dans l’Hexagone et un accompagnement d’une durée moyenne de 10 mois, les Épides viennent en aide aux jeunes âgés de 17 à 25 ans, qu’ils soient de nationalité française ou étrangère. Ciblant particulièrement les plus vulnérables, ces structures accueillent des volontaires qui n’ont pas de diplôme (ou un niveau maximum de BEP ou CAP), et qui souffrent de fragilités sociales, personnelles et financières, mais aussi de troubles psychiques, de l’attention, du comportement ou d’addictions. Pour ces jeunes, l’objectif est d’éviter de sombrer dans la précarité ou de glisser vers la marginalisation en s’assurant un avenir, soit par le biais de l’insertion professionnelle, soit par la formation.
Un cadre strict
Chaque jeune qui fait la démarche de s’inscrire dans un Épide signe un contrat de volontariat pour une durée minimum de 8 mois, renouvelable dans la limite de 24 mois. L’encadrement est relativement strict puisque les volontaires doivent se plier à certaines règles. L’accueil se fait en effet en internat la semaine, avec possibilité d’hébergement le week-end, et chacun doit porter un uniforme. Le parcours pédagogique, s’il est personnalisé, s’inscrit néanmoins dans un cadre de vie et d’apprentissage rigoureux qui permet aux participants de retrouver des repères et d’acquérir les automatismes qui leur serviront dans la poursuite de leurs études ou dans la vie professionnelle.
En échange, chaque résident bénéficie de la restauration et de l’hébergement gratuits, mais aussi d’une allocation mensuelle de 552 € dont une partie (92 €) est capitalisée chaque mois et versée au jeune lors de son insertion. De même, l’Épide propose au volontaire un contrat de soutien pendant les trois premiers mois de son entrée dans l’emploi qui lui permet de bénéficier d’un hébergement le temps que sa situation professionnelle se stabilise. Les frais de maladie, de maternité et d’invalidité sont également pris en charge dans le cadre du régime général de la Sécurité sociale.
Des apprentissages divers et variés
Au sein des Épides, les jeunes volontaires suivent des apprentissages et des ateliers spécifiques : lecture, écriture, calcul, informatique, éducation civique, débats, actions de solidarité, activités sportives, mais aussi préparation au permis de conduire, formations en lien avec le métier envisagé, mise en place d’un projet professionnel en rapport avec leurs capacités ou encore éducation nutritionnelle, apprentissage de la gestion des émotions, gestion d’un budget… Le programme est vaste et varié afin que tout un chacun soit le mieux armé possible pour entrer dans la vie active.
Des stages en entreprise sont également prévus (des accords ont été conclus avec de grands groupes) et certains jeunes peuvent se voir offrir une deuxième année de formation durant laquelle ils prépareront un diplôme de niveau CAP ou BEP.
Après leur année en établissement public d’insertion dans l’emploi, les anciens résidents se tournent en majorité vers les services en entreprise (21 %), dans le commerce (17 %), les corps en uniforme (16 %), l’industrie (14 %) et l’hôtellerie-restauration (13 %).



















