Jardinier, boucher, patron de PME… Comment savoir si l’IA peut vous aider au boulot ?
métiers manuels•L’intelligence artificielle fait déjà des émules parmi les freelances et les cadres, mais aussi chez les artisansYoussef Zein
L'essentiel
- Outils ou menace pour l'emploi, le débat est loin d'être réglé. En tout cas, depuis l'émergence de Chat GPT, l’IA est devenue incontournable, utilisée par 43 % des Français pour le travail ou les études.
- Alors que les emplois assis paraissent naturellement concernés, les métiers manuels peuvent également tirer parti de l’IA, à l'image des paysagistes et des réparateurs automobiles.
- « 20 Minutes » a sollicité l'aide d'un formateur aux outils IA pour aider ses lecteurs, quelle que soit leur profession, à comprendre si, et comment, l'intelligence artificielle pouvait leur être utile au quotidien.
Petit à petit, l’IA devient un compagnon de travail incontournable des Français. Une étude de Kantar Media, parue en mai 2024, nous apprenait que près de 43 % des Français utilisaient l’IA soit pour le travail, soit pour les études. Evidemment, la majorité des professionnels concernés sont des employés de bureau. Mais c’est une erreur de penser que l’IA n’a pas plus à offrir que des synthèses de fichiers PDF et des réponses automatisées aux mails relous. Emeric Pagès, consultant en stratégie digitale et formateur aux outils IA, témoigne : « L’IA fait gagner un temps fou en automatisant les tâches répétitives et permet à plein de métiers de se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée. » Toutefois, une étude UptoWork, parue en juillet dernier, alertait sur les risques de surménage liés à l'arrivée de l'IA en entreprise. Les bénéfices de cette technologie s'obtiennent donc à condition de « comprendre comment elle fonctionne et comment l’intégrer efficacement dans nos pratiques », ajoute-t-il. Parce que l’IA n’est pas (seulement) une affaire d’employés de bureau, l’intelligence artificielle est déjà pleine de ressource pour vous faciliter la tâche dans une large palette de professions, métiers manuels compris.
Les métiers manuels de la partie
« Même dans des métiers que l’on pense purement manuels, comme celui de paysagiste, l’IA peut jouer un rôle clé », explique le formateur. En l’occurrence, « en lui déléguant les missions de communication et en recommandant des plantes selon des critères spécifiques tels que les climats, les sols, et les besoins des clients », détaille Emeric Pagès.
De la même manière, un réparateur en automobile peut s’en servir pour identifier les problèmes courant d’un véhicule et y poser le bon diagnostic. Finalement, à peu près tous les travailleurs peuvent trouver leur compte avec cet outil : « Les observateurs parlent de l’IA comme d’une cinquième révolution industrielle, avec une vitesse d’adoption sans précédent. Elle offre une puissance d’innovation extraordinaire, à condition de dépasser les peurs qu’elle suscite et de se former pour en exploiter le potentiel », observe Emeric Pagès. Indéniablement, la machine fait froncer des sourcils. D’après une étude de l’Ifop parue en février, l’IAG (intelligence artificielle générative telle que ChatGPT) est source d’inquiétude chez 51 % des Français.
L’art de la formule
Pour peu que l’on s’en soit servi une fois, on comprend vite que cette technologie est simple d’accès. Mais pour parvenir à vos fins, il faut en comprendre la logique. L’IA est très premier degré et chaque mot compte. Si votre « prompt » (comprendre la consigne donnée à l’intelligence artificielle) manque de précision et de clarté, la réponse sera d’une banalité absolue.
La clé pour bien utiliser l’IA réside dans la capacité à lui poser les bonnes questions. « Avant même de penser aux prompts, il faut être clair sur ses besoins : qu’attend-on précisément de l’IA ? C’est une consigne bien définie qui va faire toute la différence entre un résultat générique et une solution sur mesure », conseille Emeric Pagès. Dans le cadre professionnel, il ne faut pas voir l’IA comme une boîte à idées magiques, mais plutôt comme un trouveur de solution. Il est donc crucial de partir d’une problématique définie pour obtenir les solutions les plus pertinentes. Toutefois, la machine n'est pas à l'abri de quelques bourdes, les fameuses « hallucinations » qui affligent toutes les IA génératives textuelles. Emeric Pagès et d'autres vous le diront, ne vouez pas une confiance aveugle à la prose de Chat GPT. Une relecture s'impose. Car si l'erreur est humaine, elle peut aussi être algorithmique. Et, quelque part, on trouve ça rassurant.


















