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Les managers doivent-ils se faire du souci pour leur poste ?
remerciements de masse•En 2023 aux Etats-Unis, près d’un tiers des licenciements a touché les cadres intermédiairesY.Z.
L'essentiel
- Les managers américains sont touchés de plein fouet par la vague de licenciements massive aux États-Unis.
- Mark Zuckerberg estime que ce type de structure avec de multiples niveaux de management « n’est pas souhaitable ». De plus, les jeunes collaborateurs perçoivent le micromanagement comme « limitant leur potentiel d’apprentissage ».
- La fonction de manager est remise en question, mais n’est pas condamnée pour autant : ils doivent s’adapter pour survivre.
Les managers tombent comme des mouches. Aux Etats-Unis, 30 % des licenciements de l’année dernière ont touché des managers d’après Bloomberg. Les groupes UPS, Citygroup ou un Gafam comme Meta ont tranché dans les rangs de l’encadrement. C’est ce qu’on nomme le « great unbossing » ou le « grand nettoyage des chefs » en français.
Accélérez votre recherche d'emploi avec 20 Minutes & JobpassMark Zuckerberg, papa de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp…) trouve visiblement la typologie des entreprises trop tentaculaires et n’hésite pas à remettre en question le rôle des managers. D’après le site d’actualité technologique The Verge, il aurait déclaré devant ses salariés ne « pas penser qu’il soit souhaitable d’avoir une structure de management composée de managers qui gèrent des managers, qui eux-mêmes en gèrent d’autres qui managent ceux qui font tout le travail ». De quoi confirmer – ou accentuer – les craintes des cadres intermédiaires de perdre leur job avec la démocratisation de l’IA.
Un rôle remis en question
Le boss de Facebook n’est pas le seul à souhaiter la fin du management de proximité tel qu’on le connaît. Dans les faits, beaucoup se contentent de superviser les résultats de leurs subordonnés et ne sont pas considérés comme indispensables. Une approche que les jeunes collaborateurs perçoivent comme du micromanagement. « Or, il est prouvé que cela n’est pas productif et que cela limite le potentiel d’apprentissage des travailleurs. La meilleure façon de développer une équipe est de donner à ses membres suffisamment d’autonomie et de liberté pour qu’ils puissent faire des erreurs », indique Sophie O’Brien, spécialiste dans l’embauche des membres de la génération Z et fondatrice de l’agence britannique de recrutement Pollen Careers, à Business Insider.
D’une certaine manière, ce type de gestion d’entreprise limite les jeunes dans leur champ des possibles et les rend beaucoup moins aventureux. « Les [micromanagers] peuvent démotiver [les jeunes actifs], les faire douter ou les amener à se remettre en question et à se désintéresser de leur travail. En effet, si leurs idées et leurs contributions sont constamment remaniées ou rejetées, ils se désintéressent naturellement de leur poste », ajoute la spécialiste.
Bientôt dans nos contrées ?
Malgré cette purge, les managers n’ont pas forcément dit leur dernier mot. Mais le métier doit passer par une remise en question. C’est en tout cas ce qu’écrit le conférencier et auteur Marcus Buckingham dans les lignes de la revue Harvard Business Review : « Le travail d’un manager consiste à transformer le talent particulier d’une personne en performance. Les managers ne réussiront que s’ils sont capables d’identifier et de déployer les différences entre les individus, en incitant chaque employé à exceller à sa manière. » Ainsi, les entreprises devraient envisager d’accompagner leurs managers en ce sens.
Il faut dire que le métier n’a pas vraiment le vent en poupe outre-Atlantique. D’après une enquête réalisée en août 2023, 62 % d’Etasuniens employés à plein temps ne souhaitent pas être promus au rang de manager. Pour nuancer, chez nous, 58 % des sondés du baromètre IFOP de 2023 sur le rapport des jeunes au travail souhaitent un jour accéder à un poste à responsabilités. Mais, au vu de l’influence des Etats-Unis sur notre culture d’entreprise, pour combien de temps ?



















