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Sur TikTok, c’est quoi ces listes pour lutter contre les « propagandes » ?
rebelle sans cause

« Propagande à laquelle je ne succombe pas » : la misogynie et… les Labubu dans le viseur des tiktokeurs

Les utilisateurs du réseau social chinois s’attaquent aux idéologies et injonctions auxquelles - promis, juré - ils ne céderont jamais.
Christelle Pellissier

Christelle Pellissier

L'essentiel

  • Les utilisateurs de TikTok partagent des listes de ce qu’ils considèrent comme de la « propagande », allant de sujets sérieux comme le racisme et la culture du travail à des tendances plus légères comme le thé matcha.
  • Cette tendance permettrait aux utilisateurs de minimiser l’importance accordée à certains sujets sociétaux, voire de s’en émanciper, et de se sentir moins seuls face à certaines injonctions et idéologies.
  • En France, la tendance émerge avec des aversions variées, notamment « les podcasts de développement personnel », « l’intelligence artificielle », et le fait de faire la queue pour « manger dans un restaurant branché ».

L’heure de la révolte a-t-elle sonné ? Remontés à bloc contre les-vrais-problèmes-de-la-vie, le thé matcha en tête, les utilisateurs de TikTok s’unissent pour s’élever contre « la propagande à laquelle [ils] ne succombe [ront] pas ». Idéologies, injonctions, stéréotypes, ou simples tendances… tout y passe, compilé dans des listes interminables postées sur le réseau social chinois, parfois assorties d’explications salées.

Ce n’est pas la première fois que les socionautes font étalage de leurs pires aversions - c’est même un sport national - mais ils s’emploient généralement à lister leurs envies et leurs déceptions. Début 2024, Ils ont, par exemple, remplacé les traditionnelles résolutions par des listes « in » et « out ». L’idée étant alors d’énumérer ce qu’ils voulaient inclure ou exclure de leur vie à l’aube de la nouvelle année. Mais rien de comparable avec ce qu’ils estiment être de la « propagande », à savoir toutes ces choses qui trouvent une résonance dans les médias, ou plus largement dans la société, mais qu’ils rejettent en bloc.

Du racisme à la culture du travail

A en croire les milliers de commentaires liés à cette tendance, ces listes permettraient non seulement de minimiser l’importance accordée à certains sujets sociétaux (qui n’en méritent pas tant), voire de s’en émanciper, mais aussi de se sentir moins seul face à certaines injonctions et idéologies. Les sujets les plus sérieux sont également les plus discutés sur le réseau social, du racisme à la misogynie en passant par la transphobie, les injonctions à la maigreur, l’accès ou non à l’avortement, ou la montée du conservatisme - pour ne citer qu’eux.

Certains tiktokeurs ont également fait le choix d’établir des listes thématisées, les problématiques autour du travail étant particulièrement discutées. En la matière, « le travail de 9 heures à 17 heures », voire le fait de « travailler de 9 heures à 17 heures pour ne même pas pouvoir se permettre de vivre », et les « 40 ans de carrière (obligatoires) », cristallisent toute l’attention - et les débats. Au point de voir naître des divergences générationnelles sur le sujet. Dans un registre plus léger, mais tout aussi sérieux selon les utilisateurs du réseau social, les injonctions autour du sport semblent elles aussi nourrir des frustrations. Et là, ce sont les séances d’entraînement trop intenses, les brûleurs de graisse, les promesses de perte de poids rapide, et… le fait de devoir payer pour faire du Pilates qui en prennent pour leur grade.

Le matcha, Dubaï, les pronoms, et les Labubu

Mais la « propagande » ne concerne pas uniquement les sujets que l’on pourrait qualifier de sérieux. Loin de là. A travers ces listes, les tiktokeurs entendent également s’émanciper de tendances plus légères mais, à les lire, tout aussi agaçantes. Le matcha, l’une des grandes tendances food de ces dernières années, ne semble plus faire l’unanimité, bien au contraire. Même constat pour Dubaï dont l’attractivité exaspère les utilisateurs de TikTok. Plus surprenante, l’aversion de ces derniers pour « les pronoms », sans donner davantage de contexte, ChatGPT ou les Labubu. Là, l’explication est claire : ils font peur et sont inutiles, toujours au dire des socionautes.

Nées aux Etats-Unis, ces listes, souvent accompagnées du morceau « I think about it all the time » de Charli XCX et Bon Iver, débarquent progressivement en France. On y découvre des sujets beaucoup plus variés, tels que « les podcasts de développement personnel », « l’intelligence artificielle », « le minimalisme », ou encore « les voyages en all-inclusive ». Il faudra sans doute attendre un peu avant de décrypter les réelles aversions de nos Z, bien que deux « propagandes » semblent déjà se détacher. Il semblerait que les jeunes Français n’apprécient ni le fait d’attendre pour « manger dans un restaurant branché », ni le fait de se déclarer « neutre ou apolitique ». A bon entendeur !