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Zambie : safari cinq étoiles aux confins de l’Afrique australe

En Zambie, safaris pédestres et établissements haut de gamme plaident pour une approche respectueuse de la savane

Ambiance de la brousseDes chutes Victoria au parc national South Luangwa, la Zambie dévoile des trésors de nature préservée, accessibles à pied depuis des hôtels parfaitement intégrés à leur environnement
Jean-Claude Urbain

Jean-Claude Urbain

Pas de grasse matinée dans la savane ! Le cri rauque des babouins sonne le réveil dès cinq heures. L’aurore a dissipé le danger. Les invités du lodge peuvent donc quitter leurs bungalows sans faire appel à la sécurité. Un rapide petit-déjeuner et les voilà à bord d'un véhicule 4x4 pour une première rencontre avec la vie sauvage. L’après-midi, humains et appareils photos rechargent leurs batteries. Puis une seconde virée, à pied cette fois, offre d’autres opportunités d’observations, jusqu’au sundowner, cette tradition de la brousse qui consiste à déguster un verre de gin tonic en admirant le crépuscule… Ainsi s’écoulent les journées inouïes de safari dans les plaines de Zambie.

À l’est de la Zambie, le parc national South Luangwa est un sanctuaire pour des milliers d’éléphants.
À l’est de la Zambie, le parc national South Luangwa est un sanctuaire pour des milliers d’éléphants. - Jean-Claude Urbain

Avec vingt parcs nationaux et trente-six zones de gestion de la faune, la quasi-totalité du territoire zambien est protégée. À la diversité de ses milieux naturels répond la richesse de sa flore, et surtout de sa faune : grands fauves, herbivores, reptiles, oiseaux… Le tout à profusion ! Non contente de posséder la plus grande population d’hippopotames au monde et la deuxième plus grande migration de gnous, la Zambie s’offre le privilège d’espèces rares, comme le rhinocéros blanc, l’antilope rouge ou le pygargue vocifère. Autant d’animaux sauvages que la foule des touristes n’a pas encore importunés.

Les rhinocéros « blancs » (white en anglais) doivent leur nom à une mauvaise traduction de l’afrikaans weit désignant leur large museau.
Les rhinocéros « blancs » (white en anglais) doivent leur nom à une mauvaise traduction de l’afrikaans weit désignant leur large museau. - Jean-Claude Urbain

Bien qu’elle ait connu de brusques changements de gouvernement depuis son accession à l’indépendance, en 1964, la Zambie se distingue de ses huit voisins africains par sa grande tranquillité. Le pays reste toutefois à l’écart des circuits touristiques ordinaires. Avec les chutes Victoria, il possède une des « sept merveilles naturelles du monde ». Mais l’essentiel des infrastructures permettant d’en profiter est situé sur l’autre rive du fleuve Zambèze, au Zimbabwe. Pour attirer les visiteurs de son côté des chutes tout en préservant son équilibre, la Zambie mise sur des établissements haut de gamme, qui portent le confort jusqu’au cœur de la savane.

Toute la magie d’un sundowner sur les bords du fleuve Zambèze.
Toute la magie d’un sundowner sur les bords du fleuve Zambèze. - Jean-Claude Urbain

Luxe, calme et vie sauvage

Quelques écrins nichés dans le parc national South Luangwa incarnent cette philosophie. Alliant discrétion et respect de l’environnement, chacun d’eux propose l’expérience de l’Afrique sauvage en version cinq étoiles. Le Kafunta River Lodge est le plus ancien établissement de la région. Ses onze maisonnettes sont aux premières loges du spectacle. Hippopotames, buffles, zèbres, girafes, antilopes et éléphants défilent tour à tour sur la plaine marécageuse que dominent les terrasses panoramiques. La configuration est similaire au Puku Ridge Camp, où le raffinement est poussé encore plus loin, avec, pour chaque unité d’hébergement, une terrasse, une piscine et une annexe pour dormir à la belle étoile.

Les maisonnettes luxueuses du Kafunta River Lodge s’ouvrent sur les splendeurs du parc national South Luangwa.
Les maisonnettes luxueuses du Kafunta River Lodge s’ouvrent sur les splendeurs du parc national South Luangwa. - Jean-Claude Urbain

Surnommé la « vallée des léopards » pour sa densité de félins, le deuxième plus grand parc national de Zambie abrite aussi la girafe de Rhodésie, endémique de la région. Le South Luangwa est surtout le berceau historique du safari à pied. C’est ici, dans les années 1960, que le garde-chasse britannique Norman Carr proposa cette approche humble et silencieuse de la nature. Empreintes, déjections, plantes, oiseaux, insectes… En marchant, les observations changent d’échelle. Sécurité oblige, ces sorties sont toujours accompagnées d’un ranger armé, qui garde l’œil ouvert sur d’éventuelles traces de braconnage.

Les safaris à pied permettent de s’intéresser à des aspects plus insolites de la savane, comme les déjections caractéristiques de chaque espèce.
Les safaris à pied permettent de s’intéresser à des aspects plus insolites de la savane, comme les déjections caractéristiques de chaque espèce. - Jean-Claude Urbain

La Zambie a perdu 90 % de ses éléphants dans les années 1980. Leur population est alors passée de 100 à 10 millions d’individus. Aujourd’hui, ils sont estimés à 30 millions. Une nouvelle encourageante, bien que les pachydermes posent quelques problèmes aux communautés. En bordure du South Luangwa, les éléphants font notamment des dégâts dans les potagers de Mfuwe. Malgré cela, ce village multiplie les initiatives en leur faveur. L’atelier Mulberry Mongoose, par exemple, utilise des collets de braconnage trouvés par les rangers pour confectionner des bijoux, dont une partie du prix de vente est reversée à des programmes de conservation des animaux.

Soutenues par l’hôtel Sussi & Chuma, les femmes de l’atelier Chipego réparent des vélos qui seront loués aux touristes au profit de leur communauté.
Soutenues par l’hôtel Sussi & Chuma, les femmes de l’atelier Chipego réparent des vélos qui seront loués aux touristes au profit de leur communauté. - Jean-Claude Urbain

L’esprit d’aventure

À Livingstone, dans le sud du pays, le Sanctuary Retreats Sussi & Chuma propose des marches permettant d’approcher les rarissimes rhinocéros blancs. Mais ce lodge, dont les douze chambres sur pilotis laissent la faune circuler librement, ne se contente pas d’offrir des rencontres inoubliables sur les rives du Zambèze. Il développe également des programmes philanthropiques qui soutiennent la communauté de Nakatindi, d’où sont issus tous ses employés. Ateliers de joaillerie et de cycles, accompagnements éducatifs et sanitaires, comptent parmi les initiatives de cet hôtel qui œuvre à associer tourisme et développement durable.

La faune africaine circule librement dans les jardins des établissements zambiens, comme le Royal Livingstone.
La faune africaine circule librement dans les jardins des établissements zambiens, comme le Royal Livingstone. - Jean-Claude Urbain

Tout proche, le Royal Livingstone se dresse en amont des chutes Victoria. Lieu de dialogue entre passé et présent, cette adresse prestigieuse évoque l’esprit d’aventure dont fit preuve l’explorateur écossais David Livingstone pour parvenir jusqu’à « la fumée qui gronde », Mosi-Oa-Tunya, en 1855. Ceux qui séjournent ici ne mettent aujourd’hui qu’une petite demi-heure pour accéder, à pied, à cette gorge prodigieuse dans laquelle se précipite toute la puissance du fleuve Zambèze. Spectacle de chaque instant depuis les jardins de l’établissement, le panache d’embruns généré par cette cataracte est visible à des kilomètres à la ronde au plus fort de la crue.

Ne pas se fier à leur air débonnaire ! Les hippopotames qui pullulent en Zambie ont mauvais caractère.
Ne pas se fier à leur air débonnaire ! Les hippopotames qui pullulent en Zambie ont mauvais caractère. - Jean-Claude Urbain

Au registre des activités autour des chutes, le comble du chic est de prendre l’hélicoptère de bon matin, aux portes du Royal Livingstone, pour aller savourer son petit-déjeuner au Bobo Camp, un banc de sable naturel au cœur des gorges du Zambèze. Les cocktails sont déjà au menu. Mais rien ne presse. Mieux vaut attendre d’embarquer sur une croisière fluviale avec Livingstone's Adventure pour apprécier son gin tonic. En lisant Stendhal, la tradition du sundowner prend alors tout son sens : « L’art de la civilisation consiste à allier les plaisirs les plus délicats à la présence constante du danger. » En effet, en amont des chutes, on n’est jamais à plus de cinq mètres des mâchoires d'un crocodile ou d'un hippopotame !

Y aller

Le visa a été aboli pour les ressortissants français souhaitant voyager en Zambie moins de 90 jours. Au départ de Paris, la compagnie Kenya Airways programme trois vols par semaine vers Lusaka, avec escale à Nairobi. Compter 12 heures de voyage à l’aller et 2 heures de plus au retour, escale comprise. À partir de 906 euros A/R.

De mai à octobre, la saison sèche facilite l’observation de la faune sauvage qui se concentre autour des points d’eau. C’est en revanche à la saison humide, et plus précisément entre février et mai, que les chutes Victoria sont les plus impressionnantes.

Se loger

La superficie de la Zambie oblige à prendre l’avion à Lusaka pour rejoindre ses différents parcs nationaux. Un passage par la capitale s’impose donc à l’arrivée dans le pays, ou en transit entre deux parcs. À seulement 15 minutes de l’aéroport international, l’hôtel Ciêla permet de patienter dans les meilleures conditions. Inauguré en 2020, l’établissement possède un golf 18 trous, un centre de conférences et une excellente brasserie à l’atmosphère new-yorkaise.