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Un pays de « Scrooge » ? 72 % des Français seraient de grands râleurs

Un pays de « Scrooge » ? 72 % des Français se considèrent comme de grands râleurs selon un sondage

De mauvais poil•À l’occasion de la sortie du film « Scrooge » le 11 novembre prochain, une étude menée dans 7 pays européens montre que les Français ont leur place sur le podium de la mauvaise humeur
Hanae  Aaidoune

Hanae Aaidoune

L'essentiel

  • Fini les films merveilleux et enchantés de Noël. Avec la sortie de « Scrooge » le réalisateur américain Ti West veut redonner vie à un personnage grincheux et avare, Ebenezer Scrooge.
  • Comme lui, les Français excellent lorsqu’il s’agit de râler. L’enquête internationale menée par Paramount pour savoir « quels pays méritaient la palme du parfait Scrooge ? » offre le titre de la « nation la plus râleuse » à la France.
  • Mais attention, ce plaisir à débattre et contester réside dans l’Histoire du pays.

Monsieur Scrooge aurait pu, sans doute, être Français. Grincheux mais surtout râleur, le personnage crée à l’origine par Charles Dickens revient sur le devant de la scène. À l’occasion de la sortie de « Scrooge », Paramount a interrogé plus de 3.500 participants dans sept pays européens pour savoir « quels pays méritaient la palme du parfait Scrooge ? ». Si l’Allemagne et les États-Unis jouent des coudes sur le podium du pays le plus râleur, la France rafle le titre de « championne du monde de la plainte ».

Comme les Français, Monsieur Scrooge râle

Tout bon film de Noël laisse une grande place à la magie et la fantaisie. Le film donne la réplique à Johnny Depp dans lequel il incarne Ebenezer Scrooge. Le vieil homme qui est râleur à l’extrême, grincheux et surtout radin, déteste Noël. Pour le faire changer d’avis, des esprits s’invitent chez lui. Le récit n’a rien de nouveau. En 1843, l’auteur Charles Dickens raconte son histoire dans le conte Un chant de Noël. Un conte qui sera également repris dans le film d’animation pour enfants Le Drôle de Noël de Scrooge. En anglais, le personnage est d’ailleurs devenu à lui tout seul un adjectif pour qualifier une personne radine qui gâche la fête.

Pour sa clémence, le vieil homme d’affaires n’est pas le seul à constamment se plaindre. Comme lui, les Français ont aussi l’air de ressentir un malin plaisir à râler. Une réputation à l’internationale qui leur colle à la peau. Avec « 19 % des votes, la France s’impose comme la nation la plus râleuse » aux yeux des 7 pays européens interrogés. Et ses habitants seraient aussi arrogants. Si les États-Unis remportent le titre du pays avec la grosse tête, la France obtient la deuxième place. « Un résultat qui ne surprendra peut-être pas les Français, toujours prêts à défendre leur gastronomie, leur culture et leur art de vivre » justifie l’enquête internationale.

Une spécialité bien française

Les Français peuvent se voir reprocher des difficultés à dissimuler un agacement lorsqu’un touriste met un peu trop de temps à se décider dans une boulangerie, mais une chose est sûre : ils ne sont pas de mauvaise foi. Puisque près de 72 % d’entre eux reconnaissent être « de grands râleurs ». Un sentiment national qui puise dans l’histoire du pays. Face à Guillaume Pley, la spécialiste du « bonheur » Florence Servan-Schreiber précise « que nous provenons d’une civilisation très intellectuelle ». Un amour pour le débat qui n’empêche pas d’être lucide envers ses propres pairs. Dans la mesure où près d’un Français sur trois « considère ses compatriotes comme arrogants » selon l’étude. Mais aussi radins pour 22 % d’entre eux. De quoi douter de notre unité nationale.

Et si les 7 pays interrogés (dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie, Les Pays-Bas et l’Autriche) pensent que les Français râlent sans raison. Figurez-vous que c’est faux. En 2010, Opinion Way leur avait demandé les motivations derrière ce perpétuel agacement. Et sans surprise, la bureaucratie y est pour beaucoup. Entre l’administration, les grèves de transports et le gouvernement, râler ça fait du bien. « Le mécontentement ponctuel permet d’exprimer un besoin, une émotion, de déposer ce qui dérange et de passer à autre chose » comme le rappelle Virginie Villière, psycho-analyste-clinicienne au « Journal des femmes ». Et ce n’est pas la rédaction de 20 Minutes qui dira le contraire, la série d’articles « Les relouds du quotidien » peut en témoigner.