Pourquoi les produits de beauté Huda Beauty pourraient bientôt être retirés des magasins Sephora ?
DES HISTOIRES DE BOYCOTT•Le géant de la beauté Sephora réexamine la présence dans ses boutiques de la marque Huda Beauty. Sa fondatrice est accusée d’antisémitisme et de complotismeFiona Bonassin
L'essentiel
- Huda Kattan, fondatrice de la marque Huda Beauty, a publié une vidéo controversée affirmant qu'« Israël était derrière la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale ».
- L’association américaine StopAntisemitism a demandé à Sephora de rompre ses liens avec Huda Beauty, déclarant que « si Sephora souhaite réellement créer un espace sûr et inclusif pour toutes les communautés, elle doit immédiatement se séparer de Huda Beauty ».
- Huda Kattan s’est défendue en affirmant que « la vidéo a été mal interprétée et utilisée à mauvais escient », tandis que ses supporters voient cette controverse comme une conséquence de son engagement pro-palestinien.
Ses produits font fureur dans les magasins Sephora, pourtant la marque Huda Beauty pourrait disparaître des rayons. Huda Kattan, l’entrepreneuse irako-américaine, fondatrice et PDG de la célèbre marque, a tenu des propos antisémites et complotistes. Depuis, les appels au boycott se multiplient. Ses fans à elle lui demandent de quitter les réseaux de distributions traditionnels.
Les associations demandent son boycott
Il a suffi d’une vidéo pour que le monde de la beauté soit sens dessus dessous. Dans une vidéo envoyée à ses 11 millions d’abonnés, la boss du maquillage a affirmé qu’il existait des preuves qu'« Israël était derrière la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale », ainsi que les attentats d’Al-Qaïda du 11 septembre 2001 contre les États-Unis et l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 contre Israël. Une vidéo qui a rapidement disparu de la plateforme. Là encore, TikTok affirme avoir supprimé le contenu pour violation de ses règles communautaires, mais Huda jure qu’elle a décidé de retirer la vidéo. Parole contre parole, mais le mal est fait.
En réponse à la femme d’affaires, l’association américaine StopAntisemitism a adressé une lettre à Sephora, l’exhortant à rompre ses liens avec Huda Beauty. On peut y lire : « Si Sephora souhaite réellement créer un espace sûr et inclusif pour toutes les communautés, elle doit immédiatement se séparer de Huda Beauty. » Contactée, la marque qui appartient à LVMH ne s’est pour le moment pas exprimée.
Et d’autres demandent à Huda de partir de Sephora
Très engagée en faveur des droits de la Palestine, Huda Kattan a tenu à s’exprimer sur cette vidéo supprimée. « Je ne cautionnerai jamais la haine, quelle qu’elle soit », déclarait la business woman, niant la gravité de ses propos. « Cela inclut bien sûr la haine envers les Juifs. Le simple fait de devoir le dire me paraît tellement étrange, car c’est tellement évident. » Pour elle, cette vidéo exprimait des « opinions critiques sur Israël », mais ne mentionnait rien concernant les personnes de confession juive ni n’« insinuait » quoi que ce soit à leur sujet. « Je ne parlerais jamais de qui que ce soit, car je suis contre la haine et la discrimination », a-t-elle déclaré. « La vidéo a été mal interprétée et utilisée à mauvais escient. »
Depuis de nombreuses années, la mère de Huda Beauty multiplie les actions pour le peuple palestinien, elle explique que l’histoire juive l’a aidé à s’engager. « Le fait d’apprendre l’histoire de l’Holocauste à l’école m’a tellement affectée que je me suis engagée à m’exprimer dans toute situation similaire à l’avenir. » Son public voit donc en ce nouvel élan de boycott un retour de bâton pour son engagement sur la situation à Gaza. Sur le réseau social X, on peut lire, « Sephora vire Huda Beauty parce qu’elle soutient ouvertement la Palestine et dénonce les marchands génocidaires ? », « Personne va la toucher !!! C’est une des rares qui se positionnent clairement en tant que pro palestinienne donc on va la soutenir bien comme il faut ». Si les actions et l’argent reversé par Huda Kattan aux Palestiniens sont importants et necessaires, ses propos n’en restent pas moins sujets à controverse.



















