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Comment Bad Bunny booste l’économie de Porto Rico
baile inolvidable

Avec ses concerts, Bad Bunny booste l’économie de Porto Rico

Alors que Bad Bunny a entamé une série de 30 concerts à Porto Rico depuis plusieurs jours, les retombées économiques pour son île natale sont conséquentes.
Victoria  Berne

Victoria Berne

L'essentiel

  • Bad Bunny a entamé une résidence de 30 concerts au Coliseo de San Juan à Porto Rico depuis le 11 juillet.
  • Cette résidence représente un boost économique pour l’île avec plus de 200 millions de dollars injectés dans l’économie locale, 3.600 emplois créés et l’arrivée estimée de 600.000 visiteurs.
  • Bad Bunny sensibilise ses fans au tourisme responsable en leur demandant d'« acheter local » et d’avoir un tourisme éthique.

C’est la fête à Porto Rico. Depuis le 11 juillet, la star internationale du reggaeton Bad Bunny a entamé une résidence de 30 concerts sur son île natale. Et ce n’est pas seulement le Coliseo de San Juan, salle de concert ou il performe, qui vibre : c’est toute la Isla del Encanto qui profite de l’effervescence autour de l’enfant du pays.

La déclaration d’amour a son île

Entre son dernier album DeBÍ TiRAR MáS FOToS (ou DtMF) et cette série de concerts hors norme, Bad Bunny signe une véritable ode à ses origines. L’artiste a entamé 2025 avec un projet profondément personnel, entre introspection, mémoire collective et amour pour son île. Résultat : DtMF est devenu le morceau hispanophone numéro 1 dans le plus grand nombre de pays de l’histoire de Spotify.

« Avec DeBÍ TiRAR MáS FOToS, le chanteur offre une œuvre authentique et introspective, célébrant ses racines tout en abordant des thèmes universels, consolidant ainsi sa position d’artiste incontournable de sa génération. » selon le média l’avangarde. Le morceau « VOY A LLeVARTE PA PR », en hommage direct à Porto Rico, en est e meilleur exemple.

Et cette déclaration d’amour va bien au-delà de la musique : pour lancer sa tournée mondiale, Bad Bunny a choisi sa maison. Pour montrer à quel point il tient à son public local, les neuf premières dates de cette résidence étaient exclusivement réservées aux habitants de l’île. Touristes bienvenus par la suite, mais à condition d’être, selon ses mots, « respectueux et responsables ».

Un spectacle 100 % boricua

Depuis onze jours, la salle de 18.000 places du Coliseo de San Juan se remplit soir après soir. Mais le spectacle va bien au-delà d’un simple concert. « C’était bien plus qu’un show musical », assure El Nuevo Día après la première soirée.

La scénographie, elle aussi, célèbre Porto Rico : une reconstitution de la région montagneuse de l’île, avec sa végétation tropicale, ses vignes de fruits locaux, un flamboyant majestueux, et même les emblématiques chaises blanches en plastique que l’on trouve dans toutes les cours de campagne. De l’autre côté de la scène, une maison rurale typique a été fidèlement reproduite. « Une maison de campagne portoricaine », précise Courrier International.

@charliepompeate

Intro del concierto. Está canción es NUEVA y jamás antes escuchada! #badbunny #badbunnyconcert #pompeate #charliepompeate

♬ original sound - Charlie

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Un jackpot pour l’économie locale

Mais au-delà de l’amour, il y a aussi les chiffres. Et ils donnent le tournis. Pour Davelyn Tardi, de l’agence Discover Puerto Rico, « il s’agit d’un moment incroyable pour l’île » : les 30 concerts devraient injecter plus de 200 millions de dollars dans l’économie locale, en pleine saison creuse estivale, rapporte l’AFP.

Selon Courrier International, la résidence est un véritable moteur de croissance pour les commerces, grands et petits, avec 3.600 emplois créés et l’arrivée estimée de 600.000 visiteurs. À San Juan, certains bars réinventent même leurs cocktails à l’image de Bad Bunny. « Tout a commencé à changer », témoigne Azael Ayala, qui travaille dans un bar d’un quartier branché à l’AFP.

Acheter local, consommer responsable

Mais pas question de se réjouir sans conscience. À la veille de la première, Bad Bunny a adressé un message clair aux fans venus de l’étranger : « Achetez local ». Car si le tourisme fait vivre une partie de l’île, il pose aussi question. Porto Rico est devenu, ces dernières années, un repaire de nomades numériques et de riches investisseurs venus profiter des avantages fiscaux… sans toujours se soucier des habitants. Résultat : hausse des loyers, gentrification, tensions.

Bad Bunny, toujours les pieds sur terre, évoque ce malaise dans ses textes. Dans « Turista », il chante : « Dans ma vie, tu étais un touriste. Tu n’as vu que le meilleur de moi, pas ma souffrance. »

Pour Jorell Meléndez Badillo, historien, « beaucoup de Portoricains estiment que le tourisme a une connotation coloniale », surtout quand il s’accompagne de mépris social. « On peut saluer le travail de Benito (Bad Bunny), tout en s’interrogeant sur le type de touristes que ses concerts vont attirer », confie-t-il à l’AFP.

Mais le message semble passer. Ana Rodado, venue d’Espagne après qu’un ami lui a offert une place, dit avoir pris l’appel au sérieux. « On doit être responsables de nos choix de consommation, et de l’impact de notre voyage sur chaque lieu », confie-t-elle.

Au-delà de Porto Rico, la fièvre Bad Bunny est mondiale. Les deux concerts prévus à Paris, les 4 et 5 juillet 2025 à l’Accor Arena, sont déjà complets. À défaut de pouvoir y être, on peut toujours se repasser les vidéos de Kylian Mbappé et Achraf Hakimi, en mode fans absolus, montant sur scène pour chanter et danser aux côtés du méchant lapin à San Juan. Ici c’est… Porto Rico.