Paris volley: «Nos avenirs sont en jeu en ce moment...», lance Julien Lavagne, ex-Nantais

VOLLEY Le club du Paris volley pourrait disparaître purement et simplement pour raisons financières...

David Phelippeau

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Julien Lavagne.
Julien Lavagne. — F. Elsner / 20minutes
  • L'ancien capitaine du Nantes Rezé Métropole volley, Julien Lavagne (32 ans), vit une situation très inconfortable au Paris volley.
  • Le club de la capitale est sous la menace d'une disparition si sa dette de 300.000 euros n'est pas épongée.

Cinq ans après son passage au Nantes Rezé Métropole (2010-2013), Julien Lavagne n’a rien perdu de sa verve et de sa spontanéité. Même sur un sujet sensible, l’ancien capitaine du NRMV, âgé de 32 ans, ne mâche pas ses mots. La semaine dernière, l’attaquant-réceptionneur du Paris volley a appris que son club était proche de mettre la clé sous la porte en raison d’un trou financier de 300.000 euros.

Déjà relégué en Ligue B en fin de saison dernière pour raisons économiques, le club de la capitale pourrait être rayé de la carte. Vendredi, le président de Paris a assuré avoir trouvé les fonds nécessaires. Julien Lavagne attend fébrilement la décision finale qui devrait tomber ce mercredi.

Qu’avez-vous appris la semaine dernière de la bouche de votre président ?

En plein milieu d’entraînement, mardi dernier, on a stoppé car le président avait des informations à nous donner. La mairie de Paris ne voulait pas éponger la dette [300.000 euros] et c’était donc grave la merde. Il a annoncé qu’il y avait peut-être un espoir avec un dernier montage financier (avec le PUC omnisports). Mais, pour nous, c’était dead. Il y a 10 % de chances qu’on s’en sorte quand on entend ça. On a décidé de ne plus s’entraîner après ça d’un commun accord avec le coach.

Vous avez été surpris ?

Oui, que le problème n’ait pas été réglé avant et qu’on soit à la merci d’une décision de la mairie de Paris positive ou négative. Ça fait mal d’apprendre ça car beaucoup d’entre nous avaient accepté le projet de rester en Ligue B pour faire remonter tout de suite le club. A aucun moment, on était au courant de la possibilité qu’on coule.

Pourquoi avoir stoppé l’entraînement ?

On avait besoin de se focaliser sur nous personnellement pour voir comment on pouvait se retourner dans cette situation. Jeudi soir, on a appris finalement que la mairie de Paris voulait bien faire un effort à hauteur de 150.000 euros, mais qu’il fallait trouver un investisseur pour boucher la dette en totalité… On en saura plus mercredi.

Et si la dette est comblée, vous pourriez repartir en Ligue A ?

Non en Ligue B, mais, ça, c’est le cadet de mes soucis. Moi, j’ai juste besoin d’avoir un contrat et de jouer au volley. Si ça repart, je serais content de continuer dans ce club que j’aime beaucoup. J’ai envie de défendre les couleurs de Paris. Je suis bien ici. Je prépare ma reconversion. Mais, moralement, c’est très compliqué. Nos avenirs sont en jeu en ce moment. Je n’ai pas l’impression que ça soit bien pris en compte, ça. Je vois aussi des gens qui veulent que le Paris volley coule… Alors oui, le club a des torts, mais derrière, il y a des salariés qui sont dans une merde folle ! J’espère qu’on va assainir le club, qu’il va repartir sur de très bonnes bases et gagner des titres dans le futur.

Est-ce un des moments les plus compliqués de votre longue carrière ?

C’est une nouvelle étape difficile, mais j’en ai connu d’autres. Je me suis blessé aux ligaments croisés du genou il y a deux ans et demi à Montpellier. Ensuite, je me suis fait « couper » le contrat. J’avais aussi déjà vécu la faillite d’un club à Aix-en-Provence [en 2010]. J’ai eu des soucis personnels l’année dernière… Là, c’est une nouvelle étape à affronter. Ça pourrait mettre le bordel dans les plans, mais je sais que je me relèverai. C’est dur personnellement, mais c’est également difficile de voir tes collègues et potes dans la merde. Ceux qui ont des enfants, des appartements à payer, etc.

Si Paris coule, que ferez-vous ?

Je me mettrai sur le marché ou j’arrêterai. C’est une réflexion que j’ai en ce moment. Mais, on va attendre la décision de mercredi.

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