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En galère, Emma Raducanu regrette d’avoir gagné l’US Open trop jeune

Tennis : La gloire puis les galères…. Emma Raducanu regrette parfois d’avoir gagné l’US Open trop jeune

DéboiresVictorieuse du Grand Chelem new-yorkais en 2021, la jeune Britannique navigue depuis entre déceptions sportives et blessures
Nicolas Stival

N.S. avec AFP

Trop haut, trop vite ? « Parfois je me dis que j’aurais préféré ne pas avoir remporté l’US Open », a confié Emma Raducanu dans une interview au quotidien anglais The Times. Vingt et un mois après son incroyable sacre à New York, la Britannique de 20 ans lutte toujours pour retrouver le niveau de son été 2021.

Elle n’avait que 18 ans lorsqu’elle s’était imposée à Flushing Meadows au terme d’un parcours improbable, sortie de trois tours de qualification pour intégrer le tableau principal, balayant toutes ses adversaires en ne concédant pas un seul set en dix matchs. Raducanu n’avait alors jamais remporté le moindre tournoi sur le circuit principal. Son palmarès est resté depuis bloqué à ce seul titre, prestigieux mais plaçant sur elle des attentes démesurées que son corps et son mental ont payées.

Absente à Roland-Garros, également forfait pour WImbledon

Retombée au 128e rang mondial, avec un huitième de finale perdu en mars à Indian Wells comme meilleur résultat cette saison, elle a accumulé les blessures, changé plusieurs fois d’entraîneur. Opérée récemment d’une cheville et d’un poignet, elle n’a pas pu s’aligner à Roland-Garros et ne sera pas en mesure de disputer le tournoi de Wimbledon, le mois prochain (du 3 au 16 juillet).

« Depuis, j’ai subi beaucoup de revers, les uns après les autres. Je suis résiliente, je tolère beaucoup de choses, mais ce n’est pas facile », a-t-elle reconnu au Times. Si elle avoue donc qu’elle préférerait parfois ne jamais avoir gagné cet US Open 2021, elle tente aussi de se servir de ce sacre pour rebondir. « Je me dis : "Rappelle-toi cette sensation, cette promesse". »

Avec sa victoire inédite – jamais encore dans l’ère Open une joueuse sortie des qualifications n’avait remporté un tournoi du Grand Chelem –, Emma Raducanu est devenue une des sportives les plus recherchées par les sponsors. La Britannique née au Canada d’un père roumain et d’une mère chinoise est sous contrat avec Nike, Porsche, Vodafone ou encore Dior.

« Il y a beaucoup de requins »

« Le circuit est absolument brutal », ajoute-t-elle. « Ce que j’ai compris au cours des deux dernières années, c’est que le circuit et tout ce qui l’accompagne, ce n’est pas un environnement très sympathique, et sûr. »

« Il faut être sur ses gardes parce qu’il y a beaucoup de requins. Je pense que des gens dans le secteur, surtout parce que j’avais 19 ans, aujourd’hui 20, me voient comme une tirelire. Ça a été difficile de naviguer dans ces eaux. Je me suis brûlée plusieurs fois, j’ai appris, appris à conserver autour de moi un cercle plus restreint possible. » Comme quoi, les clichés ont parfois du bon : le plus dur, ce n’est pas forcément d’arriver au sommet, mais d’y rester.