Coupe Davis France-Croatie: Et si on faisait semblant d'y croire encore un peu pour l'équipe de France?

TENNIS Foutu pour foutu, il n'est pas interdit de rêver à un sursaut d'orgueil de l'équipe de France...

A.L.G avec F.L

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Il y a de la joie, bonjour, bonjour les hirondelles...
Il y a de la joie, bonjour, bonjour les hirondelles... — Philippe HUGUEN / AFP
  • L'équipe de France a vécu un vendredi noir en finale de Coupe Davis avec les défaites de Jérémy Chardy et Jo-Wilfried Tsonga. 
  • Menés 2-0 par la Croatie, les Bleus n'ont que très peu de chances désormais de rêver à une victoire finale dimanche. 
  • Malgré l'ambiance pesante au stade Pierre-Mauroy, on a tenté de trouver des raisons de croire au miracle. Et ce fut dur, on peut vous le jurer. 

De notre envoyé spécial à Lille,

« L’important c’est d’y croire », chante Pascal Obispo. En tant que supporter des Girondins de Bordeaux, il sait de quoi il parle, le bougre. Alors c’est ce qu’on va faire malgré un vendredi noir pour le tennis français, qui aura vu tour à tour Jérémy Chardy et Jo-Wilfried Tsonga se faire tordre en trois sets contre Borna Coric et Marin Cilic en finale de Coupe Davis. Et sans même jamais avoir réussi à breaker ne serait-ce qu’une toute petite fois. Mais on va y croire. De toute façon, que peut-on faire d’autre ?

Alors oui, on pourrait écrire que tout est déjà terminé et que la dernière Coupe Davis dans son format actuel a d’ores et déjà choisi l’armoire croate à la cheminée tricolore pour finir ses vieux jours. Mais ça serait faire insulte à la paire Mahut-Herbert, chargée samedi de maintenir en vie un corps bleu-blanc-rouge à l’agonie. En cas de succès face à la redoutable paire Pavic-Dodig (et encore, rien ne nous dit que d’ici là Cilic ne va pas vouloir remettre ça dès samedi), l’équipe de France gagnera au moins le droit 1. de ne pas sortir Fanny d’une compétition qu’elle a tant chérie et 2. d’offrir à minima un quatrième match au public français dimanche. On le sait, tout ceci est ben maigrichon, mais vous avez mieux à proposer ?

Quête d’espérance, niveau 10.000

Armé de notre plus belle naïveté, et comme on n’arrivait pas à trouver nous-même des raisons plausibles d’y croire, on est allé chercher du réconfort et un brin d’espoir dans les bras de Thierry Champion et de Guy Forget après la défaite de Jo. Autant vous le dire tout de suite, l’ambiance était loin d’être à la nouba, mais au moins ont-ils gentiment accepté de jouer le jeu. Bon, par honnêteté intellectuelle, nous nous devons d’abord de partager avec vous les propos de Guy Forget récoltés en coulisse après la défaite de Chardy et avant le match de Tsonga : « Si on veut avoir une chance de croire à la victoire, il faut que Tsonga gagne son match maintenant. » Vous connaissez la suite.

C’est donc en étant lui-même peu convaincu que le capitaine de l’équipe de France de 1999 et 2012 a répondu à notre demande. « J’espère qu’on sera encore en vie demain soir, déjà, commence-t-il par dire. Après ? On ne sait jamais, c’est la Coupe Davis. » Face aux rires des journalistes, amusés de le voir ramer contre le courant avec une petite cuillère, Guy Forget ne lâche pas le morceau. Mieux, plus il cherche, plus il semble convaincu qu’un miracle est possible.

« Mais ne rigolez pas ! Il s’est passé tellement de choses étonnantes dans l’histoire de cette compétition que, bon… Je pense que sur le double on peut gagner à la régulière. Ça ferait 2-1. Puis après… Ben après, euh. Euh… Jo s’est blessé aujourd’hui, tu peux avoir un joueur qui se claque dimanche, qui a une douleur, tu te retrouves à 2-2 et il reste plus qu’un match à gagner (rires). Bon, il faut le gagner… Vous savez, il y a eu tellement, tellement de choses étonnantes en Coupe Davis que tu ne peux jamais dire que c’est fini. Voilà, on ne sait pas ce qui peut se passer. »

Vous la sentez, la conviction ?

Samedi ça va, dimanche bonjour les dégâts

Au tour de Thierry Champion de s’y coller : « On va se dire que ce n’est pas fini, mais bon… Maintenant, c’est l’équipe, faut qu’ils arrivent à se remobiliser. On va se raccrocher à tout ce qui a de positif autour de cette journée qui a été à sens unique, l’esprit d’équipe principalement. On va aller manger, on va aller se reposer. Et puis ils vont se parler. Je pense qu’il va y avoir un vrai discours du capitaine, Yann’ va trouver les mots, ils vont se remobiliser. » Le directeur du haut niveau à la Fédération française de tennis sent dans nos regards qu’on ne va pas se contenter du fameux « on va se dire les choses », habituellement utilisé par les footballeurs quand leur équipe ne tourne pas et qu’ils sont à court de solution.

Alors il enchaîne, imperturbable. « On a un double fort, on espère qu’ils vont sortir un gros match et l’emporter. C’est même pas qu’on l’espère en fait, c’est qu’on n’a plus le choix. Le double Mahut-Herbert est en forme, on a toutes nos chances même si ça sera dur car en face c’est fort aussi, concède-t-il. Mais je suis moins inquiet pour le double de samedi. Il faudra qu’on évolue à notre meilleur niveau pour avoir la chance de jouer dimanche. Après, dimanche, vu le niveau des deux joueurs croates… »

Voilà, il est là le problème en fait. Autant on n’a aucun doute sur les capacités de P2H et de Nico Mahut à gagner en double samedi après-midi, autant pour dimanche, on a plus de chance de sortir vivant du jeu « un, deux, trois, soleil » les yeux bandés sur le périph' parisien que d’assister à une victoire française. CQFD. Ou alors, si, mais il faut tabler sur l’éventualité que les Croates se soient mis minables dans une boîte de nuit lilloise dans la nuit de samedi à dimanche avant de se faire jeter en cellule de dégrisement par les forces de l’ordre. 

Dernier homme à pouvoir nous redonner un peu de peps, Yannick Noah. Sauf qu'en voyant la tête du capitaine de l'équipe de France en conférence de presse après le revers de Tsonga, on s'est dit qu'on allait frapper à la mauvaise porte. «A 0-2, on sait très bien que ça va être très, très dur. Je vais mettre toute mon énergie pour motiver PH et Nico, murmure-t-il, à moitié abattu sur son estrade. C’est un match qui s’annonce très difficile mais bon, la seule chose qu’on peut faire désormais, c’est de rester en vie pour pouvoir jouer dimanche. On se raccroche toujours à quelque chose tant qu’on n’est pas complètement mort. » Hip, hip, hip, hourra.