Roland-Garros: Danseuse, cogneuse, rieuse, c’est quoi cette tornade Ostapenko?

TENNIS Jelena Ostapenko s’est qualifiée pour la finale du tournoi le jour de ses 20 ans…

Julien Laloye

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Jelena Ostapenko, plus jeune finaliste de Roland-Garros depuis 2007.
Jelena Ostapenko, plus jeune finaliste de Roland-Garros depuis 2007. — Ella Ling/Shutterstock/SIPA

De notre envoyé spécial,

Heureuse coïncidence que d’avoir programmé une cérémonie d’hommage à Ana Ivanovic sur le Chatrier le jour même où une jeune fille devenait la plus jeune finaliste du tournoi depuis le parcours inoubliable…d’Ivanovic en 2007. Jelena Ostapenko est un sacré poème. Le jour de son anniversaire, cette jeune Lettone de 20 ans a littéralement tabassé de parpaings son adversaire Timea Bacsinszky, pourtant beaucoup plus expérimentée qu’elle (7-6, 3-6, 6-3). Il faut voir ce visage si enfantin se transformer en machine à violenter les balles. Ostapenko tape sur tout ce qui bouge, et quand, parfois, elle fait la faute, elle en jette sa raquette au sol pour regarder vers son clan l’air de vivre une profonde injustice.

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Au micro, où elle fait encore moins que ses 20 ans, c’est la même chose. Un grand sourire et une réponse mitrailleuse dans un anglais parfait quelque soit la question. «Je suis très contente, c’était un match dur, une vraie bataille, je me suis fait un beau cadeau d’anniversaire». Mais encore ? « A un moment, je me suis dit quand j’avais gagné le premier set, que je n’étais pas loin de la finale, des pensées m’ont traversée l’esprit mais j’ai pu me reconcentrer pour finir le match ». Et plutôt bien, contre une rivale qui a fini par lâcher dans la tête :  « Jelena a contré parfaitement tout ce que j’avais proposé. J’ai tenté ma chance à chaque ouverture, mais elle avait beaucoup de réussite sur tout ce qu’elle tentait. Je ne peux pas être vraiment déçue ».

Revenons à la star du jour. Il faut creuser pour en savoir plus, et c’est du béton sous la pelle. Voilà ce qu’on a gratté :

  • Son père était footballeur professionnel en Ukraine, probablement à Dniepopetrovsk, si on a tout bien compris.
  • Ostapenko a pratiqué la danse de salon jusqu’à 12 ans (avec une préférence pour la rumba) jusqu’à ce qu’elle se mettre sérieusement au tennis à partir de 15 ans.
  • Elle a un sacré caractère sur le court (« Je me sens mieux quand je laisse mes émotions éclater, ça me motive même s’il y a des limites à ne pas dépasser »).
  • La fédération internationale l’a beaucoup aidée financièrement quand elle était jeune parce que les Lettons et le tennis, ça fait deux  (« même si j’imagine que j’aurai beaucoup d’attention quand je rentrerai chez moi ») >>> Pour l’instant on a compté une seule journaliste lettone à Roland, laquelle doit se régaler de sa position monopolistique.

Bref, pas de quoi écrire un roman, mais c’est un début. On complète avec Anabel Medina Garrigues, l’ancienne 16e mondiale désormais coach d’Ostapenko. « Sa mère lui a donné une bonne base tennistique mais à un moment donné, elle a compris que pour progresser, Jelena aurait besoin d’un œil extérieur qui pourrait lui dire certaines choses, et surtout qu’elle écouterait un peu plus que sa mère (rires). » Et pour ce qui est de sa personnalité ? « Elle aime se faire belle, avoir les ongles impeccables, la coupe de cheveux soignée, ainsi que sa tenue…elle aime les voitures aussi. C’est une fille de 20 ans qui pourrait être à l’université, quoi ». En finale de Roland, ça a quand même un peu plus de gueule.