Roland-Garros: Les cinq plaies des hôtesses de Roland

TENNIS L'accueil des spectateurs n'est pas toujours de tout repos...

Romain Baheux

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Une hôtesse à Roland-Garros (illustration).
Une hôtesse à Roland-Garros (illustration). — JACQUES DEMARTHON / AFP

A Roland-Garros,

« Bonjour monsieur, bienvenue à Roland-Garros. » A force de se faire saluer bien poliment à chacune de nos entrées dans l’enceinte du tournoi, on s’est dit qu’on allait s’intéresser aux 950 hôtes et hôtesses de la Porte d’Auteuil et à leurs conditions de travail. Car si vous pensez que ce boulot est le meilleur plan pour voir des matchs à l’œil, lisez plutôt la suite.

Une hôtesse à Roland-Garros s'occupe avec son téléphone portable.
Une hôtesse à Roland-Garros s'occupe avec son téléphone portable. - Michel Spingler/AP/SIPA
  • Le mal de jambes

Bizarrement, passer une dizaine d’heures debout devant le court numéro 2 n’est pas le meilleur moyen de reposer ses jambes. « Tu rentres un Smic mais tu souffres pendant deux semaines, raconte Marie, qui a travaillé deux ans sur le Lenglen. Le soir, tu as vraiment mal aux pieds. » Si par le passé, l’agence en charge des hôtesses imposait des espadrilles compensées, elle a finalement opté pour des ballerines, moins exigeantes pour les voûtes plantaires des jeunes employées.

  • Le froid

Nous sommes le 2 juin, il fait péniblement 15 C° et Roland se gèle. Si les hôtesses les plus chanceuses sont dans les coursives sous le Central, certaines prennent la flotte devant les courts annexes ou sont prises dans les courants d’air des accès aux courts. « Nos tenues ne sont pas spécialement étudiées pour le mauvais temps, raconte Sophie, ex-hôtesse VIP. Tu es en jupe-t-shirt, on peut t’amener d’autres vêtements mais ça ne reste pas très chaud. » Ou comment se récupérer un bon rhume avant l’été.

  • Les grugeurs

Il y a plusieurs types de spectateurs à Roland-Garros :

1. Ceux (les plus riches) qui ont leur billet pour le Central.

2. Ceux qui ont des billets pour les courts annexes mais qui sont ravis d’aller voir un double mixte avec une Bulgare et un Kazakh.

3. Ceux qui ont des billets pour les annexes MAIS qui veulent aller voir Djokovic sur le Central.

Evidemment, la troisième catégorie est la plus compliquée à gérer. « Tu as toujours des gens qui essaient de tricher, qui tentent de forcer l’accès pour entrer sur le court, décrit Marie. Certains sont chauds, ils peuvent même s’énerver. » Tout ça pour aller voir Gasquet se faire massacrer par Murray.

  • Les relous

Draguer à Roland-Garros ? Pourquoi pas. Mais draguer une hôtesse de la Porte d’Auteil comme le plus gros relou d’une boîte de nuit crasseuse, c’est non. « Tu es en robe, bien maquillée, ça attire certains, raconte Marie. Il faut aussi savoir gérer ces mecs qui te draguent. Globalement, ça reste des approches soft comme "vous êtes jolie mademoiselle" mais certains vont jusqu’à demander les numéros de portable. » Le tout est de savoir alors éconduire poliment notre séducteur des bords de terre battue.

  • La hiérarchie

Votre chef vous flique ? Ne vous plaignez pas, ça pourrait être pire à Roland-Garros. La vigilance des hôtes et hôtesses est régulièrement testée : soit via un second contrôle des billets des spectateurs, soit par des cobayes envoyés par leurs supérieurs qui tentent de les abuser. « On doit aussi être impeccable sur notre présentation, poursuit Marie. On te regarde le matin et si ça ne va pas, on peut te dire de te recoiffer ou te tendre un bâton de rouge à lèvres. »