Roland-Garros: Il s'est passé quoi chez les filles avant la finale Williams-Safarova?

TENNIS Petite séance de rattrapage si vous n’avez pas suivi le tournoi féminin…

Nicolas Camus

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Serena Williams lors de sa demi-finale à Roland-Garros, le 4 juin 2015.
Serena Williams lors de sa demi-finale à Roland-Garros, le 4 juin 2015. — Han Yan/SIPA

Vous n’avez pas vu un match de tennis féminin de la quinzaine ? Pour vous, Safarova n’évoque rien d’autre qu’une chasse au gros gibier dans la toundra ? Pas de panique, ce samedi de tennis va très bien se passer quand même. Et oui, 20 Minutes vous offre une petite séance de rattrapage, avec tout ce qu’il faut savoir sur cette quinzaine avant la finale Serena Williams - Lucie Safarova (qui est donc une joueuse de tennis…). Si vous êtes attentif et que vous vous débrouillez bien, vous pourrez même passer pour un expert du circuit féminin quand vous tomberez sur le match avec vos potes. « Nan mais de toute façon, pour moi, la présence de la Tchèque n’est pas une surprise. Je me rappelle quand elle avait fait quart de finale à l’Open d’Australie en 2007 ».

La faillite des cracks de l’année dernière

Le moins qu’on puisse dire est qu’il y a eu du renouvellement cette année. Les quatre demi-finales de l’édition 2014 ont en effet quitté le tournoi beaucoup plus tôt que prévu. Dans l’histoire, c’est la tenante du titre, Maria Sharapova, qui s’en est le mieux sortie. Enfin, façon de parler, puisque la Tsarine a à peine vu la deuxième semaine, sortie en 8e de finale par Lucie Safarova. Un peu malade, elle avait eu droit aux sifflets du public pour avoir zappé l’interview de Pioline à la fin de son premier match. Non, vraiment, sale Roland pour Maria.

Et que dire de celui de sa dauphine de 2014. Simona Halep, 3e mondiale, était arrivée avec l’ambition d’aller au bout. Elle n’a pas vu plus loin que le 2e tour, éliminée sèchement par une ex-grand espoir revenue de nulle part, Mirjana Lucic. La pression de l’an dernier ? « Non, rien à voir. Je ne sentais pas le jeu, les balles ». C’est sûr, ça n’aide pas.

Quant aux deux autres, il faut dire qu’elles étaient arrivées Porte d’Auteuil dans un état qui n’incitait pas à l’optimisme. Andrea Petkovic n’avait que très peu joué depuis avril et n’a pas à rougir de sa défaite contre Errarni au 3e tour. Eugénie Bouchard, elle, ne gagne quasiment plus un match depuis l’Open d’Australie en début de saison. Et Kiki Mladenovic en a bien profité dès le 1er tour.

Et les Françaises, ça a donné quoi ?

A votre avis ? Bon, avec notre meilleure représentante classée à la 29e place mondiale, on n’attendait pas des miracles non plus. Mais le classement WTA n’a jamais empêché personne de sortir un bon petit parcours qui fait lever les foules. Alizé Cornet n’en était pas si loin. Qualifiée pour la première fois de sa carrière pour les 8es de finale, la numéro 1 française n’a pas su vaincre les éléments et prendre assez sur elle pour aller plus loin.

A part ça, rien, ou presque. Mladenovic a régalé un tour avant de se faire sortir par la jeune belge van Uytvanck, et le Roland de Virginie Razzano peut se résumer à un service à la cuillère sur une balle de match. Mention spéciale toutefois à la jeune Amandine Hesse, qui a joliment fait trembler le court numéro 7 en ce lundi matin de début de quinzaine. On fait avec ce qu’on a.

Le retour d’Ivanovic

La numéro 7 mondiale n’était pas partie bien loin non plus, mais quand même. Cela faisait sept ans (!) - 2008, année de sa victoire sur la terre battue parisienne - que la Serbe n’avait plus été aperçue dans le dernier carré d’un tournoi du Grand Chelem. « Je pense que je suis sur la bonne voie. Il y a du travail à faire, des progrès à accomplir, mais ces deux semaines ont été bonnes. Je suis fière de ce que j’ai fait », a-t-elle dit après sa défaite en demi-finale. Et puis, rien que pour voir Schweinsteiger s’exciter comme un fou en tribunes, c’est très sympa d’être repassée, Ana.

L’avènement de Safarova

Sharapova a donc trouvé plus forte qu’elle cette année, en la personne de Lucie Safarova. « Elle a augmenté son niveau de jeu, elle est constante des deux côtés, coups droits, revers, et utilise très bien les angles avec sa main gauche », a analysé Maria après sa défaite en 8e. Safarova, 28 ans, n’est pas une inconnue mais son expérience à ce niveau est inexistante. Celle qui disputait son tout premier tournoi majeur à Roland il y a dix ans tout pile va disputer sa première finale, 39 essais plus tard. Son plus beau fait d’arme jusque-là étaient une demi-finale à Wimbledon l’an dernier et un quart à l’Open d’Australie… en 2007. Assurée de rentrer dans le top 10 pour la première fois de sa carrière après cette finale, la Tchèque va surtout devoir confirmer ensuite. Pas le plus simple dans le circuit féminin, on l’a vu.

La domination de Serena (un peu trop, même…)

Mais qu’est-ce qui peut arrêter Serena Williams ? L’Américaine, dès qu’elle veut bien se donner la peine de taper un peu dans la balle, est dix pieds au-dessus des autres. Services, coups droits, revers, elle frappe fort. Beaucoup trop pour ses adversaires, dépassées par sa puissance sans égale sur le circuit. Du coup, la sœur de Venus s’est mis quelques handicaps pour que ce soit plus drôle. Quatre fois sur six, cette année, elle a concédé le premier set (contre Friedsam, Azarenka, Stephens et Bacsinszky) avant de montrer que c’était bien elle la patronne. Avec une nonchalance horripilante… En demi-finale, elle a innové en se présentant grippée sur le court. Quasi mourante entre chaque point, elle a tout de même collé 37 coups gagnants et 8 aces à la pauvre Bacsinszky. Bon courage à toi, Lucie !