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Hugo Auradou accusé d’avoir « sauvagement frappé » la plaignante argentine

XV de France : L’avocate de la plaignante évoque « une femme d’honneur dévastée » après avoir été « sauvagement frappée »

RUGBYMe Natacha Romano, avocate de la femme argentine accusant de viol les joueurs du XV de France Hugo Auradou (20 ans) et Oscar Jegou (21 ans), a accordé mercredi un entretien à l’AFP
XV de France : L'avocate de la plaignante livre un récit glaçant du viol
Jérémy Laugier

J.Lau. avec AFP

L'essentiel

  • Les joueurs du XV de France Hugo Auradou (20 ans) et Oscar Jegou (21 ans) ont été arrêtés lundi à Buenos Aires, accusés par une femme argentine de viol.
  • Les faits, qui se seraient produits dans la nuit de samedi à dimanche dans une chambre de l’hôtel des Bleus à Mendoza, ont été décrits mercredi par l’avocate de la plaignante Me Natacha Romano, dans un entretien accordé à l’AFP.
  • Transférés mercredi à Mendoza, Hugo Auradou et Oscar Jegou attendent d’être présentés à la justice argentine, dans le cadre d’une enquête ouverte pour violences sexuelles.

L’entretien accordé mercredi par Me Natacha Romano, avocate de la plaignante argentine accusant de viol les deux rugbymen français Hugo Auradou (20 ans) et Oscar Jegou (21 ans) fait froid dans le dos. Celle-ci évoque « une violence terrible » de la part des deux joueurs, arrêtés lundi à Buenos Aires et transférés mercredi à Mendoza, où ils attendent d’être présentés à la justice dans le cadre d’une enquête ouverte pour violences sexuelles.

En droit argentin, cela peut caractériser des faits allant de l’agression sexuelle jusqu’au viol aggravé, qui pourraient être passibles de vingt ans de prison. La plaignante se serait selon son avocate rendue avec Hugo Auradou à l’hôtel des Bleus à Mendoza, vers 4h30 dans la nuit de samedi à dimanche, après une rencontre en boîte de nuit.

Elle aurait tenté de s’échapper « au moins cinq fois »

« Ils entrent dans la chambre et la victime se rend compte que l’invitation à boire un verre est un piège, explique Natacha Romano. Lorsqu’elle se rend compte de la situation, elle lui demande d’aller aux toilettes mais il s’aperçoit qu’elle veut s’enfuir. Il l’attrape immédiatement, la jette sur le lit, commence à la déshabiller et se met à la frapper sauvagement d’un coup de poing, dont l’hématome est visible sur le visage de la victime. »

« Il l’étouffe, au point qu’elle a l’impression de se sentir partir, poursuit l’avocate. Et une fois qu’elle ne peut plus se défendre, qu’elle n’a plus aucune chance de s’échapper, elle est abusée sexuellement par cette première personne. » Selon le témoignage de la plaignante, Oscar Jegou apparaît une heure plus tard dans la chambre, et « commence sauvagement à commettre les mêmes actes de violence et d’abus sexuels ».

La plaignante aurait tenté de s’échapper « au moins cinq fois », sans y parvenir jusqu’à 8h30, où elle se serait finalement enfuie de l’hôtel. Durant ces quatre heures, elle aurait subi de nombreuses violences, surtout de la part d’Hugo Auradou, d’après les propos de Natacha Romano.

« Oscar Jegou part prendre un bain, et Hugo Auradou continue à abuser d'elle, en lui donnant différents coups. C'est-à-dire qu'elle a des traces de morsures, des griffures, des coups sur les seins, les jambes, les côtes et le dos. Hugo Auradou lui a même uriné dessus. Il s'agirait d'une agression sexuelle particulièrement atroce, avec accès charnel, avec la participation de deux personnes, avec violence. L'un d'entre eux, à savoir Hugo Auradou, l'a agressée à plusieurs reprises, au moins six fois, et l'autre l'a agressée une fois sans aucune protection. »

Me Natacha Romano

« Les preuves sont le corps de la victime »

Dans cette enquête pénale préliminaire, outre « l’accusation d’agression sexuelle », l’avocate argentine voit « une privation de liberté pour ne pas l’avoir autorisée à partir lorsqu’elle l’a demandé », une « violence sexiste extrême », et un « dénigrement lui aussi extrême ». Natacha Romano tient également à décrire le profil de la plaignante : « On a d’abord dit qu’il s’agissait d’une jeune fille qui cherchait sa chance dans une boîte de nuit. Mais non, il s’agit d’une femme de 39 ans, fille et sœur d’avocats, une femme d’honneur. Elle est dénigrée, dévastée, voire honteuse ».

Hugo Auradou ici lors d'un entraînement avec le XV de France à Buenos Aires, le 28 juin.
Hugo Auradou ici lors d'un entraînement avec le XV de France à Buenos Aires, le 28 juin. - L. Robayo / AFP

Alors que l’avocat des joueurs, Me Rafael Cuneo Libarona, nie les accusations (« La plaignante prétend avoir été battue, les caméras de surveillance disent qu’elle ne l’a pas été ») et affirme que ces relations sexuelles étaient « consenties », Natacha Romano est formelle : « Les preuves sont celles qui ont poussé le procureur à lancer un mandat d’arrêt aussi promptement : le corps de la victime. Le seul moyen pour elle de trouver du réconfort passera par la justice ».

De son côté, le président de la Fédération française de rugby (FFR) Florian Grill explique : « Les versions sont assez différentes. On a creusé avec un avocat et on arrive à des informations qui semblent quand même questionner beaucoup la version diffusée dans les médias argentins. Nous, on n’est pas juges, on n’est pas enquêteurs mais on pense qu’il faut quand même que la justice argentine regarde le dossier très très rapidement ».