Roland-Garros : Pause déjeuner, double billetterie… C’était quoi encore ce bordel avec les places vides ?

TENNIS Vendredi, jour des demies... Et de la polémique annuelle sur les places vides...

William Pereira

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Match pas à guichets fermés
Match pas à guichets fermés — JL (20 Minutes)

De notre envoyé à Roland-Garros,

« Mais qu’est-ce que c’est que ça ? » C’est peu ou prou notre réaction face à la gueule des tribunes du Chatrier, clairsemées au possible pendant de longues minutes aussi bien pour la première demie entre Wawrinka et Murray que pour la seconde opposant Nadal à Thiem. Pas de bol pour le tournoi, ce sont en plus les places les plus exposées à la caméra – à savoir les loges et le cordon de places qui le surplombe qui étaient les moins remplies vendredi après-midi. La preuve en photo.

C'est une demie de Roland ou un Orléans-Sochaux là?
C'est une demie de Roland ou un Orléans-Sochaux là? - JL (20 Minutes)

Le coup de la double billetterie

On vous voit venir, c’est toujours le même débat, il y aura toujours des places vides à Roland-Garros, on n’y peut rien. Non, non et non. Le sujet est important, parce que ces tribunes à moitié vides, n’en déplaise aux adeptes du verre plein, foutent une fois de plus une immense claque à l’image du tournoi. Et puis on vous étonnera peut-être mais la polémique des places vides a eu le mérite « d’innover » en 2017. Pour la première fois, une double billetterie a été mise en place sur le Philippe Chatrier à l’occasion des demi-finales hommes. Traduction, on ne pouvait acheter de billets que pour un seul match.

Sur le pourquoi, on ne va pas trop s’étendre, d’une parce que la FFT n’a pas voulu répondre à notre demande de renseignements malgré deux relances, et de deux parce que le but de la manœuvre est finalement évident : le tournoi augmente par ce procédé ses recettes de 15 % par rapport à l’année précédente et c’est le but premier de la manœuvre.

Sur la raison de son expérimentation le vendredi, jour des demies messieurs, là encore il n’y a pas de mystère : c’est tout simplement le jour le plus prolifique de la quinzaine pour le court central. On notera d’ailleurs que le nombre de places vides observé vendredi n’est en aucun cas lié à une éventuelle mauvaise vente des billets. On a checké sur Viagogo dans la journée et la très grande majorité des billets avaient déjà été achetés. Trois options :

  • Wawrinka-Murray a pâti de la pause déjeuner
  • Des personnes ont acheté des places dans l’optique de les revendre pour faire une plus-value
  • Nadal-Thiem a souffert de la double billetterie

Plein de spectateurs ont loupé la seule partie intéressante de Nadal-Thiem

Explications. Le système de double billetterie pose deux problèmes. Le premier concerne l’évacuation des spectateurs de la première rencontre et le second concerne à l’inverse l’acheminement de la seconde vague de spectateurs pour l’autre match.

Nos craintes initiales portaient sur la question de l’évacuation du public, qui, si elle était mal menée, aurait pu durer des plombes et mettre en péril la fin de Nadal-Thiem en cas de match-marathon. Finalement l’orga’ s’en est bien sortie.

  • Fin de Wawrinka-Murray : 17h37
  • Début de Nadal-Thiem : 18h06

C’est-à-dire une demi-heure, soit un temps de transition à peu près standard. Le problème a finalement concerné la phase deux. Les supporters « remplaçants » ont mis beaucoup de temps à rentrer en jeu ce qui nous laisse croire que tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Pendant Nadal-Thiem, on a donc vu « ça » (voir ci-dessous).

Le début de Thiem-Nadal
Le début de Thiem-Nadal - JL (20 Minutes)

Difficile de tirer des enseignements de cette organisation calquée sur le Masters 1000 de Bercy (et ses sessions de jour/nuit) sans explications ni expertise de la Fédé. On se contentera de dire que le test de la double billetterie est loin d’avoir fait l’unanimité, et que ça nous a fait mal au cœur de voir Rafa et Domi s’envoyer des parpaings devant des chaises vides.