PSG: Un recours déposé en urgence pour suspendre le fichage des supporters

FOOTBALL Deux associations ont déposé un recours devant le Conseil d'Etat pour faire suspendre au plus vite un arrêté ministériel qu'elles jugent liberticide pour les supporters du PSG...

Nicolas Camus

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Les supporters du PSG contre Bastia en finale de la Coupe de la Ligue le 11 avril 2015.
Les supporters du PSG contre Bastia en finale de la Coupe de la Ligue le 11 avril 2015. — JEFFROY GUY/SIPA

Haro sur le «fichier STADE». Deux associations qui défendent les intérêts des supporters du PSG ont décidé de s’opposer à un arrêté ministériel signé le 15 avril par l'Intérieur, autorisant la préfecture de police de Paris à ficher «des personnes se prévalant de la qualité de supporter du PSG ou se comportant comme tel». Autrement dit, une validation en bonne et due forme de la fameuse «liste noire», dans laquelle sont répertoriés les noms de personnes que le club ne souhaite pas voir accéder aux matchs du PSG. Après l'Association de défense et d’assistance juridique des intérêts des supporters (ADAJIS) mardi, la Ligue des droits de l’homme (LDH) a également déposé, ce mercredi, une requête devant le Conseil d’Etat pour faire suspendre cet arrêté.

«On dirait qu’on a affaire à des terroristes ou à des réseaux de grand banditisme»

«Il valide un fichier occulte complètement liberticide, justifie l’avocat de la LDH, Me Cyril Dubois. Les critères qui définissent qui est supporter sont flous. Et alors qu’à la base ce sont les anciens pensionnaires des virages populaires du Parc qu'on cherche à écarter, là tous les supporters peuvent être visés. Si vous achetez un maillot de l’équipe à votre neveu de 14 ans, vous pouvez être considéré comme supporter, et donc être fiché.»

Les premiers effets de l'arrêté en cause se sont fait ressentir dimanche dernier, lors de la demi-finale retour de la Ligue des champions féminine entre le PSG et Wolfsburg, à Charléty. Une centaine de personnes qui était là pour soutenir le PSG a été refoulée. Les policiers ont ensuite pris tout le monde à part pour les photographier. «On a des témoignages et des vidéos qui le prouvent», assure l’avocat, qui a versé ces pièces au dossier. «On ne conteste pas qu’il doive y avoir des contrôles, mais là c’est le flou total et les informations stockées sont disproportionnées. On dirait qu’on a affaire à des terroristes ou à des réseaux de grand banditisme, c’est aberrant», reprend Me Dubois, qui précise que l’on peut être fiché à partir de 13 ans.

Audience prévue le 12 mai prochain

Les requêtes déposées par les deux associations ont deux objets. Une demande afin de suspendre au plus vite les effets de l’arrêté ministériel, puis un second recours qui visera à faire annuler l'arrêté sur le fond et donc à faire disparaître les fichiers illégalement constitués, si la décision du Conseil d’Etat leur est favorable. L'audience devrait se tenir le 12 mai prochain, à 14h. En attendant, la LDH et l'ADAJIS espèrent que les soutiens vont se multiplier, notamment dans le milieu politique. Pour le moment, seul Christian Paul, député socialiste de la Nièvre et co-président de la commission «numérique et libertés» de l’Assemblée Nationale, s'est exprimé, évoquant dans l’émission DirectPolitique un «déni démocratique».