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Mais c’est quoi cette flamme olympique volante de zinzin ?

JO 2024 : Mais c’est quoi cette flamme montgolfière de zinzin ? Et comment ça marche ?

Jeux olympiquesDans une cérémonie d’ouverture réussie, la forme l’originalité et le côté volant de la flamme aura parfaitement conclu le show. 100.000 personnes sont déjà inscrites pour aller admirer l’objet au jardin des Tuileries pendant les JO
Jean-Loup Delmas

J.-L.D.

L'essentiel

  • Cela restera quoi qu’il arrive une image forte de ces Jeux. La flamme olympique s’envolant pépère dans le ciel parisien, et avec L’Hymne à l’amour en fond sonore s’il vous plaît.
  • Au lendemain de cet enchaînement, les principaux acteurs de ce projet un peu délirant sont revenus sur les spécificités de cette flamme.
  • Elle sera ouverte au public aux Tuileries chaque jour, et présent dans le ciel parisien chaque nuit, pendant toute la durée des Jeux.

De notre envoyé spécial dans le ciel parisien (en vrai, on est resté aux Tuileries, mais faut bien se vendre),

C’est peut-être la plus belle image de la cérémonie d’ouverture des JO, qui n’était pourtant pas avare en cliché mémorable. Teddy Riner et Marie-Jo Pérec, derniers porteurs de la flamme, regardant la vasque olympique s’envoler au loin. De quoi émouvoir aux larmes son designer Mathieu Lehanneur, présent aux Tuileries en ce samedi toujours pluvieux. C’est dans les jardins du Louvre que va se reposer son bébé en journée, avant de refaire un envol chaque soir jusqu’à 2 heures du matin, pendant toute la durée de la compétition.

Si cet amour des cimes et la forme de la vasque peuvent faire penser à un hommage aux frères Montgolfier, le designer avoue que ce n’était à la base qu’une heureuse coïncidence. « Je n’avais pas fait le lien. Je voulais juste une flamme la plus visible possible par tous, donc le ciel s’est vite imposé ». Et si on veut vraiment y trouver une référence historique, il admet s’être plus inspiré des Grecs – « dans la mythologie, la flamme olympique descend du soleil, donc je voulais un objet proche du soleil » que de la fratrie d’inventeurs. Reste que lui-même se satisfait de ce beau hasard.

Une flamme électrique

Tony Estanguet, lui aussi présent dans les jardins boueux, se satisfait du tour de force. « La vasque, c’est le clou du spectacle, on voulait le plus beau design possible et la symbolique la plus forte ». Au-delà de toutes les références déjà citées, la flamme est « neutre en carbone », pas mal pour des Jeux parisiens qui se sont toujours gargarisés d’une portée écologique. De quoi ravir le président d’EDF, Luc Rémont, qui avoue mi-sérieux qu’il aurait mal pris, en tant que partenaire de ces JO, de voir « une flamme carbone ».

La flamme fonctionne à l’électricité, puisque ce sont 40 projecteurs LED qui éclairent un nuage de brume, de quoi faire illusion (et c’est franchement réussi). Pour les plus curieux, sachez que niveau consommation, le bébé consomme 3 mètres cubes d’eau par heure à son max et tourne à 35 kilowatts à son plus haut par jour.

Le CIO même pas surpris

Là encore un joli hasard pour Mathieu Lehanneur, qui n’avait pas forcément pensé à cette solution au moment d’imaginer son œuvre. Mais une option trouve franchement pratique pour limiter la dangerosité du bousin, qui évitera donc d’enflammer le 2e arrondissement. Interrogé si la montgolfière avait également été retenue en cas de vraie flamme, Tony Estanguet, auréolé du succès de la cérémonie d’ouverture, assure que « ça aurait été plus compliqué, mais on aurait trouvé une solution, comme on l’a toujours fait pour ses Jeux. » Preuve en est, selon lui, le CIO, après avoir entendu les 1.001 bizarreries françaises pour ces Jeux – beach sous la Tour Eiffel, compétitions de nage et cérémonie d’ouverture sur la Seine, surf en outre-mer – n’était plus à ça près au moment d’entendre parler d’une flamme olympique volante au-dessus de la ville, et n’a pas trop chipoté.

Bien leur en a pris, puisque la flamme est un succès populaire, ce qui est à noter dans des Jeux qui n’auront pas toujours réussi cette promesse. Il est possible d’aller la voir gratuitement aux Tuileries avec réservation entre 11h et 19h, même si la file d’attente – déjà 100.000 places prises selon Mathieu Lehanneur – pourrait en décourager certains.

Reste que les veinards présents semblent très satisfaits, même si le ciel gris et la pluie en torrent gâchent un peu le tableau, qui sera probablement magnifique une fois que le soleil se sera rappelé qu’il a le droit de participer aux Jeux. « Pour moi, c’est la flamme du siècle, du millénaire », s’enthousiasme Julien, parapluie sur la tête et étoiles dans les yeux, qu’on coupe avant qu’il nous évoque « de l’éternité ». Même émerveillement chez Nathalie, présente avec ses enfants : « Je suis heureux de leur offrir au moins ça. Les places étaient trop chères, mais ça, c’est déjà incroyable. » Et pour ceux qui ne peuvent pas s’y rendre, vous l’aurez compris, il vous suffit de lever les yeux une fois la nuit tombée.