OM-PSG : C’était chouette cette victoire marseillaise, mais va-t-on encore attendre quatorze ans ?
OM-PSG (1-0)•L'Olympique de Marseille a battu 1 à 0 le Paris-Saint-Germain ce lundi soir, en 5e journée de Ligue 1. Une première depuis quatorze ans en championnat. On se retrouve en 2039 ?Alexandre Vella
L'essentiel
- l’OM a remporté ce Classico 1-0, grâce à un but contre son camp de Marquinhos et un manqué de Chevalier, sous pression d’Aguerd.
- Il s’agit de la première victoire Olympienne à domicile contre le PSG depuis quatorze ans.
- Une victoire obtenue dans la souffrance mais pas imméritée pour les Marseillais qui auraient pu doubler la mise sur quelques contre-attaques. Les Parisiens ont poussé fort mais décimés, ils ont peut-être manqué de talent pour revenir.
Plus c’est long, plus c’est bon. Et ce ne sont pas les Marseillais qui diront le contraire ce soir : Quatorze ans, plus de 5.000 jours pour neuf défaites et trois nuls. Des humiliations à la chaîne (0-3 ; 1-5), des climatisations mémorables (coucou Cavani), des matchs pliés en vingt minutes, et au bout de ce tunnel une victoire et de la lumière.
L’Olympique de Marseille a battu 1 à 0 le Paris-Saint-Germain ce lundi soir, en 5e journée de Ligue 1. La dernière fois que cela était arrivé au Vélodrome à domicile et en championnat, le stade et ses virages étaient encore grands ouverts aux quatre vents et à la pluie. Les buteurs marseillais s’appelaient Rémy, Amalfitano et Ayew. Le PSG, fraîchement racheté, alignait Pastore et Matuidi aux côtés de Mamadou Sakho et Sylvain Armand. Gaudin était maire, et pour dix ans encore. C’était il y a quatorze ans, le 27 novembre 2011. La décennie dernière qu’on aurait dit un siècle.
Beaucoup de jeunes supporters - marseillais comme parisiens - n’ont même pas l’âge de s’en souvenir, voire n’étaient pas nés du tout. Et pour la relève marseillaise, s’ils se souviendront de la bande du triumvirat Longoria-Bénatia-De Zerbi, des Rulli, Balerdi, Greenwood et Aubameyang, le héros du soir s’appelle Aguerd.
Au duel aérien avec Marquinhos et Chevalier qui rate sa sortie, l’international marocain contraint le défenseur parisien à un contre son camp de la tête. On jouait la 4e minute du match et le score ne bougerait plus, malgré l’emprise grandissante du PSG sur le jeu (68 % de possession), jusqu’à une domination totale en seconde mi-temps, si l’on omet les quelques bons contre olympiens.
Mais il manquait peut-être finalement du talent à ce PSG toujours impressionnant mais aux trop nombreux blessés, Doué et Dembélé, sacré Ballon d’Or ce lundi soir, pour franchir le dernier rideau marseillais, défendu avec toute l’âme et les parties des corps marseillaises - y compris celles contées à l’envi par De Zerbi. Un match plus engagé que rugueux, que savent apprécier aussi les habitués du Boulevard Michelet.
Après le coup de sifflet d’une fin de match étouffante, la joie partie du terrain a envahi les tribunes, le parvis du stade et toute la ville. Aux chants, danses fumigènes et cortège de rue de l’avenue, se joignaient les klaxons, parades en voitures et embrassades des soirs de fêtes. Plus loin et plus tard jusque dans les quartiers résidentiels de la ville, des « Allez l’OM », seuls mais puissants, résonnent intempestivement. Des scooters chantonnent aux feux rouges (et s’arrêtent) : C’est soir de fête à Marseille.
Trop long c’est pas bon
Une joie que connaît parfaitement bien Mehdi Benatia, le directeur sportif de l’OM : « Pour les supporters, je crois que ça a une saveur particulière », a-t-il déclaré après le match. Une saveur à laquelle les supporters voudraient bien ne pas attendre une décennie de plus, autant dire un siècle, avant d’y goûter à nouveau. « Ça faisait quatorze ans, peu importe. J’espère qu’on sera capable de faire ce genre de match régulièrement, parce que je vois comment les supporters ont apprécié le spectacle, même s’il n’y a eu qu’un but. Quand tu vois les courses, les efforts et que tu es dans un stade comme ça, tu joues avec les supporters sur le terrain comme dit le coach. Et tu sens une force. Tu as l’impression que tu ne peux pas prendre de but », poursuit-il.
Et de fait, même si le PSG ne se présentera pas les quatorze prochaines années en costume de Champion d’Europe en titre, certes souffrant quelques absences notables, en reproduisant ce genre de match, l’OM n’aura sans doute pas à attendre 2039 pour goûter à nouveau à une victoire à domicile en championnat contre le PSG. Mais attention : Trop long ce n’est pas forcément si bon.


















