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Spectacle, ultras et Red Bull... Bienvenue au stade Jean-Bouin version PFC

Paris FC - Strasbourg : Spectacle, ultras et Red Bull, bienvenue au stade Jean-Bouin version PFC

reportageLe Paris FC s’est incliné contre Strasbourg (2-3) ce dimanche à Jean-Bouin, où le club parisien prend ses marques dans une ambiance agréable et un stade presque plein
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Le Paris FC s'est incliné à domicile contre Strasbourg (2-3) au terme d'un match spectaculaire au Stade Jean-Bouin, ce dimanche.
  • Il s'agissait du 2e match de Ligue 1 du PFC dans son nouveau stade, qu'il partage avec le mythique club de rugby du Stade Français.
  • Le stade quasiment plein (près de 18.000 spectateurs sur 20.000 possibles) et l'ambiance assurée par les ultras semblent chasser la crainte d'un stade vide dans l'ombre du Parc des Princes.

Au stade Jean-Bouin,

Une longue file d’attente se forme devant l’hôtel Molitor, où l’ouverture des cabines artistiques au public à l’occasion des journées du patrimoine suscite l’enthousiasme. Un des rares événements à même d’émouvoir la population du 16e arrondissement. A l'exception, peut-être, des matchs de football, même si ces derniers ont tendance à agacer une bourgeoisie allergique aux nuisances sonores : pour vous donner une idée de la chose, Roland-Garros, c’est déjà trop de décibels, alors un match de Ligue 1…

Comble du malheur, les week-ends dormants du Parc des Princes sont désormais remplis par les matchs du Paris FC au stade Jean-Bouin, où celui-ci prend ses marques dans sa colloc avec le Stade Français. Le club de rugby occupait déjà le créneau, mais à raison d’une quinzaine de matchs par an. Avec l’arrivée du PFC, le nombre passe à presque 40, imaginez le malheur.

Des supporters du Paris FC ont pris rendez-vous dans un bar près de la Porte d'Auteuil avant le match contre Strasbourg
Des supporters du Paris FC ont pris rendez-vous dans un bar près de la Porte d'Auteuil avant le match contre Strasbourg - W.Pereira

Les Ultras Lutetia : chants, fumis et Fort Boyard

Pour l’heure, le Paris FC est encore un phénomène de niche dans le quartier. Avenue Molitor, des supporters apportent une touche de bleu marine au Viaduc d’Auteuil en sifflant quelques pintes dans une ambiance bon enfant. Aux abords du stade, et malgré un dispositif de sécurité légèrement dopé pour ce PFC-Strasbourg, la présence de policiers se fait moins sentir qu’autour du Parc. Sauf à gérer le flux d’arrivants, peu de travail à se mettre sous la dent pour les autorités : l’ambiance est apaisée, presque silencieuse.

Ça tombe bien, c’est exactement ce que vient chercher Thomas, tout de Paris FC vêtu, avec son fils Maël, bientôt 8 ans. « C’est pas forcément une question de sécurité, mais il peut toujours y avoir un peu de nervosité autour d’un match du PSG. Là, on est sur un accueil en douceur et une ambiance cool. Pour lui faire découvrir le foot au stade c’est super. On avait commencé à Charléty, et le petit a fini par accrocher au PFC. Donc on continue. »

N’allez pas croire que Jean-Bouin est Louis II au prétexte que le club a posté deux-trois stands d’activités autour du stade pour faire monter la hype et une mascotte pour faire rêver les enfants. A l’intérieur, les Ultras Lutetia assurent le spectacle dans un stade quasi-plein (17.912 spectateurs), craquent des fumis à l’entrée des joueurs sur la pelouse et se cassent la voix non-stop - mention spéciale pour le chant sur l’air de Fort-Boyard ( une pensée pour Olivier Minne). L’ouverture du score strasbourgeoise à la 27e minute ? Rien à secouer.

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La combinaison entre les chants ultras et la réactivité des supporters engendre une atmosphère de bombonera miniature dans les moments chauds de la rencontre, comme après les réductions du score de Nouha Dicko et Alimami Goury. On comprend mieux l’enthousiasme de Maxime Lopez après le tout premier match à domicile face à Metz (« le stade poussait avec nous, on l’a bien ressenti ») et la volonté de l’entraîneur Stéphane Gilli d’en faire « une forteresse », même si ses fondations demandent encore à être consolidées après avoir volé en éclat devant la puissance offensive alsacienne (défaite 3-2).

Red Bull partout dans le stade, Klopp nulle part

Avec 7.000 abonnés déjà recensés pour la saison en cours, les supporters semblent disposés à remplir leur part du contrat. Le reste du travail sera celui de la direction sportive et de son conseiller Red Bull, entré à 10,6 % dans le capital du PFC, dont la présence, sur les bancs de touche et les panneaux publicitaires du stade, se fait ressentir au moins autant qu’en coulisses. Une déception, tout de même : l’absence à Jean Bouin de Jürgen Klopp et Mario Gomez, nommé au conseil d’administration du club parisien, où les deux Allemands avaient été aperçus trois semaines plus tôt, alors que les grandes manœuvres de la famille Arnault semblent s’accélérer en interne.

Le départ de François Ferracci annoncé cette semaine par L’Equipe permettra à l’ancien boss du recrutement au Bayern Munich, Marco Neppe, d’assumer la direction sportive du Paris FC à court terme et d’étendre l’influence de Red Bull. Il s’agit là d’un premier changement majeur au sein d’un club qui semblait avoir trouvé une forme d’équilibre entre la famille Arnault, nouvel actionnaire majoritaire, le partenaire autrichien et Pierre Ferracci, qui doit vendre ses parts après la saison 2026-27. Mais les désaccords du mercato, notamment sur les dossiers Traoré et N’Golo Kanté, ont probablement accéléré le tournant. Le Paris FC, club familial et bon enfant, mais jusqu’à quand ?