Ligue 1 : Les instances du sport vent debout contre les joueurs qui ne respectent pas la lutte contre l’homophobie
colère•La ministre des Sports, Marie Barsacq, et le président de la FFF, Philippe Diallo, ont vivement critiqué les joueurs n’ayant pas voulu respecter la journée de lutte contre l’homophobie organisée par la LFPA.L.G.
Chaque année, à la même période, c’est la même rengaine. Avec la même question lancinante : Mais que faire de ces joueurs qui ne respectent pas la journée de lutte contre l’homophobie organisée par (bientôt feu) la LFP ?
Cette saison - comme l’an passé du reste -, ils sont plusieurs à soit refuser carrément de jouer, comme le Nantais Mostafa Mohamed, soit à masquer plus ou moins grossièrement le (mini) drapeau arc-en-ciel floqué sur la manche des maillots, comme le Havrais Ahmed Hassan ou le Lyonnais Nemanja Matic.
La ministre des Sports monte au créneau
La ministre des Sports Marie Barsaq a vivement critiqué le choix de l’Egyptien du FC Nantes, lequel évoque une volonté de respecter ses convictions religieuses, parlant pour sa part de « faute professionnelle » et « morale ». « Je dénonce la position de ce joueur. Il n’y a aucune excuse pour ne pas se mobiliser et dénoncer l’homophobie dans le sport et dans le foot en particulier, a-t-elle expliqué dimanche au Parisien. L’adhésion des joueurs est essentielle, ils ont un rôle majeur auprès de la jeunesse. Ils doivent se mobiliser, comme ils le font contre le racisme. On attend le même niveau d’engagement de leur part. »
Le discours est sensiblement le même du côté de Philippe Diallo, le nouveau chevalier blanc du football français en pleine révolution. « Je crois qu’ils se trompent. […] Aujourd’hui l’homophobie est un délit, comme le racisme, a-t-il déclaré dans l’After Foot sur RMC Sport. On ne peut pas dire qu’on a des idées. Il faut lutter contre ça et ce qui me chagrine c’est que 99 % des joueurs l’ont fait, mais qu’on ne retient que les quelques joueurs qui gâchent ça et nuisent à l’image du football. » Le dirigeant appelle tout le monde à « se montrer intransigeant » contre la minorité pas vraiment silencieuse.
Diallo en lutte contre les injures homophobes dans les stades
Le boss de la FFF en a également profité pour évoquer le sujet des injures en tribunes, homophobes pour beaucoup, qu’il souhaite là aussi faire avancer au plus vite. « J’en ai assez de ces chants d’injures dans les stades. Je vais dans les stades depuis que j’ai 6 ans mais il faut comprendre que la société a changé, qu’on devient ringards en faisant ça. On peut interrompre les matchs. Il faut qu’on soit très vigilants sur ces questions-là. Il n’y a pas de raison qu’en Angleterre, en Allemagne, on puisse être dans des stades avec 40.000 personnes et que ça se passe bien. En France, on doit avoir cette même intransigeance. »
Quant aux joueurs concernés par le refus d’arborer l’arc-en-ciel, auxquels on peut ajouter le Lensois Jonathan Gradit, pris en flagrant délit d’injure homophobe à la mi-temps du match contre Monaco, ils devraient prochainement passer devant la commission de discipline. L’an passé, à titre d’exemple, l’ancien Monégasque Mohamed Camara avait été suspendu quatre matchs pour avoir posé un bout de sparadrap sur la manche de son maillot.


















